Publié le 20 octobre 2025 à 09h01. Les taux de cancer du sein continuent d’augmenter en province de Malaga, mais les progrès médicaux permettent d’améliorer significativement les chances de survie, atteignant désormais 90 % à cinq ans.
- Le nombre de cas de cancer du sein a augmenté de 2 % entre 2023 et 2024, atteignant 1 283 diagnostics.
- Les taux de survie à cinq ans ont progressé, passant de 85 % il y a dix ans à 90 % actuellement.
- Une crise liée à des tests de dépistage non concluants pour 2 000 femmes en Andalousie a conduit à la démission de la ministre régionale de la Santé.
L’incidence du cancer du sein ne cesse de croître à Malaga. Entre 2023 et 2024, on a enregistré une augmentation de 2 %, avec 1 283 nouveaux cas diagnostiqués. Sur la dernière décennie, la progression est encore plus marquée, avec une hausse de près de 22 % entre 2015 et l’année dernière, pour un total cumulé de 11 548 cas. Selon les données vérifiées par l’Association espagnole de lutte contre le cancer (AECC), cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2040.
Malgré cette augmentation de l’incidence, les perspectives pour les patientes s’améliorent considérablement. Le taux de survie à cinq ans dans la province de la Costa del Sol s’élève désormais à 90 %, contre 85 % il y a dix ans. Cette amélioration est attribuée à un dépistage plus efficace et à une prise en charge plus précoce des tumeurs.
« L’amélioration de la survie au cours de la dernière décennie est principalement due au dépistage et au fait que les gens sont plus vigilants : il est vrai que les tumeurs sont diagnostiquées à une taille de plus en plus petite, c’est un fait, et il est également vrai que la qualité de vie s’améliore avec des approches moins agressives du cancer. »
Emilio Alba, chef du service d’oncologie médicale de l’Hôpital Clínico Universitario Virgen de la Victoria et directeur scientifique de la Fondation CITAC
Emilio Alba souligne que les approches thérapeutiques évoluent vers des traitements moins invasifs, permettant de préserver la qualité de vie des patientes. La chirurgie conservatrice, qui permet de ne pas recourir à une mastectomie, est de plus en plus pratiquée. De même, les techniques de radiothérapie sont devenues moins agressives, réduisant la durée du traitement.
La Journée internationale du cancer du sein, célébrée le 19 octobre, a été marquée par une crise en Andalousie, suite à des erreurs dans l’interprétation de tests de dépistage effectués sur 2 000 femmes, dont des dizaines dans la province de Malaga. Cette situation a conduit à la mise en place de plans d’urgence pour améliorer le dépistage du cancer du sein, mais aussi du côlon et du col de l’utérus. La controverse a également entraîné la démission de la ministre régionale de la Santé, Rocío Hernández, remplacée par Antonio Sanz, proche collaborateur du président de la Junte, Juanma Moreno.
Les progrès de la recherche permettent également d’affiner les traitements. L’utilisation de plateformes génomiques, qui analysent le matériel génétique des tumeurs, permet d’identifier les patientes qui n’ont pas besoin de chimiothérapie, tout en concentrant les efforts sur celles qui présentent un pronostic plus sombre et nécessitent des traitements plus agressifs.
Les spécialistes soulignent que 5 % des femmes sont diagnostiquées avec un cancer du sein métastatique dès le départ, et que 5 à 10 % supplémentaires développent des métastases après un diagnostic initial de tumeur localisée. Des programmes de recherche sont en cours pour améliorer le pronostic de ces patientes grâce à de nouveaux médicaments, notamment des anticorps conjugués et des traitements hormonaux innovants.
« Nous disposons de traitements de plus en plus efficaces, principalement l’utilisation judicieuse de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie et des thérapies multi-cibles comme le traitement anti-HER2 et l’immunothérapie. »
Emilio Alba, chef du service d’oncologie médicale de l’Hôpital Clínico Universitario Virgen de la Victoria et directeur scientifique de la Fondation CITAC
Le défi actuel consiste à affiner les traitements pour obtenir des résultats optimaux avec des approches moins agressives. Fran Fernández, chef du service de chirurgie générale et de l’unité du sein de l’hôpital international Vithas Xanit, explique que l’incidence du cancer du sein augmente avec l’âge, avec un pic entre 50 et 69 ans, correspondant à la ménopause. On observe également une augmentation des cas chez les femmes de 42 à 49 ans, qui représentent un tiers des diagnostics, et qui sont parfois exclues des programmes de dépistage.
Les progrès de la chimiothérapie ouvrent la voie à de nouvelles perspectives, avec la possibilité d’éviter la chirurgie dans certains sous-types de cancer du sein, notamment le triple négatif et le HER2, grâce à des réponses complètes au traitement. L’application d’études génétiques réalisées par les pathologistes sur les tumeurs permet également d’éviter des chimiothérapies inutiles.
Enfin, les anticorps conjugués représentent une avancée prometteuse : ils agissent comme des « drones », ciblant spécifiquement les cellules tumorales et libérant une substance toxique, tout en épargnant les cellules saines.
