Publié le 26 octobre 2023. Plus de 5 900 familles ont fui les récentes attaques dans le nord du Mozambique, trouvant refuge dans le district de Mueda, tandis que l’insécurité persiste et que le nombre de déplacés continue d’augmenter.
- Près de 6 000 familles, soit plus de 13 900 personnes, ont été accueillies à Mueda suite aux offensives dans les districts de Mocímboa da Praia et Palma.
- Les autorités s’inquiètent particulièrement de la situation de plus de 6 300 enfants déplacés et de leur accès à l’éducation.
- Une nouvelle vague de violence a entraîné le déplacement de près de 93 000 personnes au cours du dernier mois, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le district de Mueda, dans la province de Cabo Delgado, est devenu un point d’accueil crucial pour les populations fuyant les combats dans les districts voisins de Mocímboa da Praia et Palma. Selon Assamo Omar, secrétaire permanent de Mueda, les autorités ont enregistré l’arrivée de 5 960 familles, représentant un total de 13 986 personnes, dont 6 300 enfants. Ces derniers ont été répartis dans quatre centres de réinstallation : Lyanda, Mpeme, Eduardo Mondlane et Nandimba.
« Nous devons également avoir un traitement spécial compte tenu de l’approche de la période des examens scolaires, c’est pourquoi nous devons faire des efforts pour qualifier ces mêmes enfants afin qu’ils aient la possibilité de passer les examens finaux en 2025. »
Assamo Omar, secrétaire permanent de Mueda
Les autorités locales se montrent particulièrement préoccupées par l’impact de ces déplacements sur l’éducation des enfants. Elles s’efforcent de mettre en place des mesures pour garantir que les enfants déplacés ne soient pas pénalisés lors des évaluations scolaires et qu’ils puissent passer les examens finaux prévus en 2025. Une réunion de coordination a été organisée avec les partenaires humanitaires afin de définir les priorités en matière d’aide, notamment en ce qui concerne l’hébergement, la nourriture, l’eau et l’assainissement. Assamo Omar a lancé un appel à une aide accrue pour soulager les souffrances des populations affectées par les attaques.
Selon un rapport récent de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), consulté par Lusa, l’escalade des attaques et de l’insécurité causée par des groupes armés a provoqué de nouveaux déplacements entre le 22 septembre et le 13 octobre. Près de 92 792 personnes, soit l’équivalent de 25 476 familles, ont été contraintes de quitter leur domicile, principalement dans les districts de Balama, Mocímboa da Praia, Montepuez et Chiúre (Cabo Delgado), mais aussi à Memba, dans la province de Nampula.
Parallèlement, les forces de l’ordre mozambicaines continuent de traquer les responsables des attentats. Le Bureau central de lutte contre la criminalité organisée et transnationale (GCCCOT) a annoncé que 462 personnes ont été reconnues coupables d’implication dans les actes terroristes commis à Cabo Delgado, et que 918 affaires pénales sont en cours d’instruction.
La province de Cabo Delgado est confrontée à des attaques terroristes depuis 2017, la première attaque ayant été enregistrée le 5 octobre dans le district de Mocímboa da Praia. Le gouvernement mozambicain affirme continuer à déployer des efforts pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens, afin de permettre aux communautés de retrouver une vie paisible dans leurs lieux d’origine. Le président mozambicain, Filipe Nyusi, a récemment qualifié ces attaques d’« actes barbares » et d’atteintes à la « dignité humaine ». L’Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED) a recensé 6 257 décès liés aux attentats terroristes au cours des huit dernières années, mettant en garde contre la persistance de l’instabilité et la résurgence de la violence. Selon Peter Bofin, chercheur à l’ACLED, l’État islamique du Mozambique (ISM) était actif dans 11 districts de Cabo Delgado en septembre et a même pénétré dans la province de Nampula à la fin du mois.
