Publié le 5 décembre 2025 à 01h16. L’Union européenne accélère ses investissements dans les infrastructures énergétiques transfrontalières, en approuvant une nouvelle liste de 235 projets clés pour atteindre ses objectifs de décarbonation et de sécurité énergétique d’ici 2040, pour un total estimé à 1 500 milliards d’euros.
- La Commission européenne a accordé le statut de Projet d’Intérêt Commun (PIC) et de Projet d’Intérêt Mutuel (PIM) à 235 projets énergétiques transfrontaliers.
- Ces projets bénéficieront d’un accès facilité au financement européen via le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE).
- L’hydrogène et les infrastructures de transport de CO2 figurent en bonne place dans cette nouvelle vague de projets.
Pour répondre aux besoins d’investissement massifs estimés à 1 500 milliards d’euros (environ 1 660 milliards de dollars) d’ici 2040, la Commission européenne (CE) a validé une nouvelle liste de 235 projets énergétiques transfrontaliers. Ces initiatives se verront attribuer le statut de Projet d’Intérêt Commun (PIC) et de Projet d’Intérêt Mutuel (PIM), ouvrant ainsi la voie à un financement facilité via le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et à une simplification des procédures d’autorisation.
Cette décision intervient après une étude récente de la CE qui a mis en évidence l’ampleur des investissements nécessaires dans les réseaux électriques, l’hydrogène et le CO2 pour assurer la transition énergétique européenne.
Parmi ces 235 projets, 113 concernent les réseaux électriques offshore et les réseaux intelligents (smart grids), essentiels pour intégrer une part croissante d’énergies renouvelables. 100 projets sont dédiés à l’hydrogène et aux électrolyseurs, jouant un rôle crucial dans la décarbonation du système énergétique de l’UE. La liste comprend également 17 projets d’infrastructures de transport de CO2, contribuant au développement du captage et du stockage du carbone (CSC), ainsi que trois projets de réseaux de gaz intelligents visant à moderniser le réseau gazier.
Sont également inclus dans cette liste les deux projets de longue date visant à connecter Malte et Chypre au réseau gazier européen continental.
« Ces projets sont plus que de simples infrastructures transfrontalières, ce sont les bouées de sauvetage de notre Union de l’énergie. Ils renforcent notre système énergétique européen en unifiant les atouts de 27 systèmes complémentaires, ouvrant ainsi la voie à une Europe où une énergie verte, compétitive et sûre n’est pas seulement une promesse, mais une réalité commune. »
Thérèse Ribera, vice-présidente exécutive pour une transition propre, juste et compétitive
La Commissaire européenne à l’énergie, Dan Jørgensen, a souligné l’importance de ces infrastructures pour la sécurité, la compétitivité et la décarbonation de l’Europe :
« Les infrastructures énergétiques ne sont pas seulement l’épine dorsale de notre Union de l’énergie : elles constituent le fondement d’une Europe forte et prospère. Pour relever les défis actuels de sécurité, de compétitivité et de décarbonation, l’Europe a besoin d’un système énergétique à la fois résilient et à l’épreuve du temps. Les projets que nous avons choisi de soutenir joueront un rôle essentiel dans la fourniture d’une énergie plus propre, moins chère et plus sûre à nos citoyens et à nos entreprises. »
Dan Jørgensen, commissaire chargé de l’énergie et du logement
L’instrument MIE a déjà alloué 8 milliards d’euros à des projets phares depuis 2014, comme la synchronisation baltique, qui a permis aux États baltes de se déconnecter du réseau électrique russe et de s’intégrer pleinement au système énergétique de l’UE.
Dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, la Commission propose de quintupler le budget du MIE pour l’énergie, passant de 5,84 milliards d’euros à 29,91 milliards d’euros. Gas Infrastructure Europe (GIE), qui salue cette nouvelle liste de PIC et PIM, estime que ces initiatives sont des catalyseurs stratégiques pour un système énergétique européen flexible, résilient et décarboné.
Lucie Boosté, secrétaire générale du GIE, a insisté sur le rôle crucial des infrastructures pour l’hydrogène et le CO2 :
« Les infrastructures pour l’hydrogène et le CO2 sont la pierre angulaire de la transition énergétique de l’Europe. Sans une infrastructure solide pour l’hydrogène et le CO2, nous risquons de ne pas atteindre nos objectifs climatiques et de compromettre la compétitivité industrielle. Les projets sélectionnés constituent un grand pas en avant. »
Lucie Boosté, secrétaire générale du GIE
La liste des PIC et PIM sera maintenant soumise au Parlement européen et au Conseil pour examen. Ces institutions disposent de deux mois pour l’accepter ou la rejeter dans son intégralité, sans possibilité de modification. Une fois adoptée, la Commission travaillera en étroite collaboration avec les porteurs de projets et les États membres pour assurer une mise en œuvre rapide et efficace.
