Publié le 15 janvier 2024 14h35. Les grandes banques américaines s’inquiètent d’une proposition du président Trump visant à plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit, craignant des conséquences négatives sur l’accès au crédit et la croissance économique.
- Les principales banques américaines, dont JPMorgan, Citigroup et Wells Fargo, préviennent que le plafonnement des taux à 10 % affecterait leur rentabilité.
- Selon la Réserve fédérale de New York, les cartes de crédit représentent 70 % des paiements de détail aux États-Unis.
- Le PDG de Klarna soutient l’idée, soulignant l’existence de limites similaires dans d’autres pays européens.
La proposition de Donald Trump, qui souhaite empêcher les Américains de se faire « arnaquer » par des taux d’intérêt de carte de crédit pouvant atteindre 20 à 30 %, suscite de vives réactions dans le secteur financier. Les banques craignent que cette mesure ne les contraigne à réduire l’offre de crédit, notamment pour les emprunteurs les plus risqués.
Mike Santomassimo, directeur financier de Wells Fargo, a déclaré :
« Si ce type de limite était imposé, cela aurait un impact négatif significatif sur la disponibilité du crédit pour un large éventail de personnes et affecterait négativement la croissance économique. »
Mike Santomassimo, directeur financier de Wells Fargo
Cette crainte est partagée par d’autres institutions financières, qui estiment que le plafonnement des taux réduirait leur marge et les inciterait à être plus sélectives dans l’octroi de crédit.
Le taux moyen des cartes de crédit aux États-Unis s’élève actuellement à 19,6 % (Bankrate.com, janvier 2024). La mesure proposée par l’ancien président pourrait donc avoir un impact considérable sur des millions de consommateurs.
Cependant, certains soutiennent que des limites aux taux d’intérêt sont nécessaires pour protéger les consommateurs. Sebastian Siemiatkowski, PDG de Klarna, a rappelé que des pays comme le Portugal, les Pays-Bas et la France ont déjà mis en place des plafonds similaires, allant de 12 à 24 %, sans perturber le marché.
Par ailleurs, certains observateurs estiment que cette initiative pourrait être motivée par des considérations politiques. Jai Kedia, chercheur à l’institut Cato, suggère que cette proposition pourrait être une tentative d’influencer la politique monétaire dans un contexte de tensions entre la Maison Blanche et la Réserve fédérale.
Selon une étude récente, la proposition de Trump pourrait également affecter la demande de financement et l’inclusion financière (étude sur l’impact de la proposition de Trump).


