Publié le 5 octobre 2025 à 11h05. Le commerce de détail en Castille-et-León est confronté à une crise persistante, avec des ventes en baisse et des fermetures de commerces qui s’accentuent, malgré les efforts des autorités pour relancer le secteur.
- Les ventes au détail en Castille-et-León ont chuté de 1,5 % en août, contrastant avec une progression de 3 % au niveau national.
- La région affiche la plus forte baisse des ventes par rapport à août 2019, avec un recul de 5,37 %.
- Les acteurs du commerce déplorent un manque de soutien suffisant des pouvoirs publics et une concurrence accrue de la part des grandes surfaces et du commerce en ligne.
La situation du commerce de détail en Castille-et-León est préoccupante. Les données de l’Institut national des statistiques (INE) révèlent une tendance à la baisse des ventes, qui s’inscrit dans une dynamique de longue date. En août dernier, les ventes ont reculé de 1,5 % dans la région, alors qu’elles ont progressé de 3 % en moyenne en Espagne. Cette performance est 1,3 point de pourcentage inférieure à celle du mois précédent.
Castille-et-León enregistre ainsi les pires résultats de l’évolution des ventes au détail de l’ensemble du pays, où quinze communautés autonomes ont vu leurs ventes augmenter en août. Seule la Navarre a connu une situation similaire à celle de la Castille-et-León.
L’analyse des données sur une période plus longue révèle une situation encore plus alarmante. Les ventes au détail en Castille-et-León ont chuté de 5,37 % par rapport à août 2019, ce qui représente la plus forte baisse de toutes les communautés autonomes. L’Extrémadure se situe juste derrière, avec un recul de 4,05 %, tandis que la moyenne nationale affiche une progression de 7,14 % sur la même période.
Si l’on considère l’ensemble des ventes de janvier à août, la situation est légèrement moins sombre, avec une augmentation de 1,3 %. Cependant, ce chiffre reste inférieur à la moyenne nationale de 3,7 %, plaçant la Castille-et-León en deuxième position des régions les moins dynamiques, juste devant les Asturies (1,1 %).
Au cours des trois dernières années, la Castille-et-León a systématiquement figuré parmi les régions les moins performantes en matière d’accumulation des ventes, affichant la deuxième plus faible croissance entre janvier et août 2023 (-1,7 %) et la quatrième en 2024 (0,7 %).
En parallèle, l’emploi dans le commerce de détail a connu une légère augmentation d’un demi-point entre août 2024 et août 2025, soit 1,5 point de moins que la moyenne nationale (2 %). Cette situation contraste avec la tendance nationale, où l’emploi dans le commerce de détail a connu 48 mois consécutifs d’augmentation. De même, la facturation du commerce de détail a enregistré 14 mois consécutifs de hausse.
Un paradoxe se dessine également dans l’évolution de l’emploi en Castille-et-León, qui a augmenté de 4,7 % depuis août 2019, contre 7,34 % au niveau national, alors que les ventes ont diminué de 5,37 %.
Leticia García, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, reconnaît les difficultés rencontrées par le secteur, mais assure que la Junta de Castilla y León travaille à trouver des solutions.
« Il faut tenir compte, lors de l’analyse des données de consommation, des fluctuations qui se produisent d’un mois à l’autre. Nous observons des fluctuations très importantes, par exemple, une chute de la moyenne nationale de 8 points en août, qui n’est que de 3 % en Castille-et-León, soit une différence de 5 points. »
Leticia García, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi
La ministre souligne que la région affiche des performances supérieures à la moyenne nationale sur certains mois, avec des augmentations allant jusqu’à 10 points en juillet et 11,3 points en mars. Elle reconnaît toutefois que les ventes en Castille-et-León restent inférieures à la moyenne nationale et que la situation est affectée par l’incertitude économique, les difficultés financières des ménages et le vieillissement de la population.
Rafael Monedero, vice-président de la Confédération régionale des affaires du commerce de Castilla y León (Conferco) et président du groupe de commerce de Valladolid (AVADECO), exprime sa préoccupation face à l’évolution du secteur.
« Ce n’est pas une question de ce mois ou du dernier trimestre, mais chaque mois, nous sommes parmi les trois derniers. La série historique montre que, si Madrid est en progression, nous sommes à la traîne depuis longtemps. »
Rafael Monedero, vice-président de Conferco et président d’AVADECO
Il déplore un manque de soutien financier des pouvoirs publics, comparant les dotations allouées à la Castille-et-León à celles d’autres régions, comme le Pays basque, les îles Canaries et la Communauté valencienne.
« L’argent alloué dans d’autres administrations n’a rien à voir avec ce que nous avons en Castille-et-León. Ils font confiance aux administrations et aux organisations commerciales. »
Rafael Monedero, vice-président de Conferco et président d’AVADECO
M. Monedero estime que la solution ne passe pas par le tourisme et critique les normes qui ne répondent pas aux besoins des habitants. Il souligne la nécessité d’augmenter la population, les revenus et de réduire le chômage. Il préconise des campagnes de sensibilisation et une amélioration de l’offre commerciale, mais insiste sur l’importance de stimuler la demande grâce à des mesures fiscales et à une augmentation du pouvoir d’achat.
Il observe également des disparités entre les provinces, avec Valladolid qui bénéficie de l’afflux de clients provenant d’autres régions. Il évoque la situation difficile de certains centres commerciaux, comme Equinox à Zarathán et Vallsur, qui ont perdu de leur attractivité.
Enfin, il souligne l’importance de changer les habitudes de consommation et de soutenir le commerce de proximité, sous peine de voir disparaître les commerces locaux.
« Si le consommateur ne soutient pas ce type de commerce, il sera compliqué de relancer le commerce en Castille-et-León. »
Rafael Monedero, vice-président de Conferco et président d’AVADECO
