Publié le 23 novembre 2025 à 03h24. Face à l’impasse des négociations climatiques à Belém, la Colombie et les Pays-Bas s’unissent pour organiser une conférence internationale dédiée à une transition juste hors des énergies fossiles, une initiative saluée par les défenseurs de l’environnement.
- La Colombie et les Pays-Bas accueilleront conjointement une conférence sur la transition énergétique en avril 2026.
- Les négociations de la COP30 ont échoué à aboutir à un accord contraignant sur l’élimination progressive des combustibles fossiles.
- L’Indonésie a été critiquée pour son absence dans l’initiative visant à éliminer progressivement les énergies fossiles et pour son commerce de crédits carbone.
La COP30, qui s’est tenue à Belém au Brésil, s’est conclue sur une note décevante pour les militants écologistes. Le texte final, intitulé « Efforts collectifs », ne contient aucune mention des combustibles fossiles, brisant ainsi l’espoir d’une feuille de route claire pour mettre fin à leur utilisation. Cette absence de progrès intervient après des initiatives similaires lancées lors des COP28 à Dubaï (Émirats arabes unis) et COP29 à Bakou (Azerbaïdjan), qui n’ont pas abouti à des engagements concrets.
En réaction à ce manque de résultats, la Colombie et les Pays-Bas ont annoncé leur intention d’organiser une conférence internationale sur une transition équitable hors des énergies fossiles. Cette conférence se tiendra les 28 et 29 avril 2026 dans la ville portuaire de Santa Marta, en Colombie. Ironiquement, la Colombie est le cinquième exportateur mondial de charbon. Des pays du Pacifique se sont également engagés à organiser des réunions de suivi régionales pour donner suite aux discussions.
Tracy Carty, experte en politique climatique chez Greenpeace International, a exprimé sa frustration face au manque d’ambition du texte final de la COP30.
« L’objectif d’émissions de 2035 est très loin d’être atteint et le texte de Global Mutiro est vide de sens, car il ne fait pas grand-chose pour combler l’écart en matière d’ambition de 1,5 degré Celsius ou pour pousser les pays à accélérer l’action. »
Tracy Carty, experte en politique climatique chez Greenpeace International
Elle estime que les pays n’ont d’autre choix que de rejeter ce texte et de demander une révision.
Rebecca Newsom, experte en politique de financement climatique chez Greenpeace International, a également souligné les lacunes du texte en matière de financement de l’adaptation au changement climatique et de financement climatique en général. Elle juge que les propositions de doubler le financement de l’adaptation et d’établir un programme de travail sur le financement du climat sont insuffisantes.
L’Indonésie a également été critiquée pour son rôle dans les négociations. Selon Torry Kuswardono, coordinateur du secrétariat de l’Alliance des peuples pour la justice climatique, la délégation indonésienne était davantage préoccupée par le commerce de permis d’émission de carbone que par l’engagement à réduire les émissions de combustibles fossiles.
« La délégation indonésienne était occupée à échanger des permis d’émission ou, en d’autres termes, à vendre du carbone. »
Torry Kuswardono, coordinateur du secrétariat de l’Alliance des peuples pour la justice climatique
Il a souligné la vulnérabilité de l’Indonésie, un État archipel, face aux conséquences du changement climatique et a appelé à une réduction rapide des émissions.
Rayhan Dudayev, président de l’équipe politique de la campagne mondiale pour les solutions forestières de Greenpeace, a regretté l’absence de l’Indonésie dans l’initiative visant à promouvoir la synergie entre l’action climatique et la protection de la biodiversité, alors que le pays abrite la troisième plus grande forêt tropicale au monde. Il a également critiqué le manque d’engagement du gouvernement indonésien en faveur de la protection des droits des communautés autochtones.
Ary Sudijanto, adjoint au contrôle du changement climatique et à la gouvernance de la valeur du carbone à l’Agence de contrôle de l’environnement (BPLH), a défendu la position de l’Indonésie, affirmant qu’elle était conforme aux accords des conférences précédentes et qu’elle tenait compte du droit des pays en développement à une marge de manœuvre dans la réduction progressive des combustibles fossiles. Il a souligné que l’Indonésie a besoin de temps pour mettre en œuvre cette réduction.
Les critiques soulignent que la position de l’Indonésie s’inscrit dans une tendance observée lors des deux précédentes conférences climatiques, tenues aux Émirats arabes unis et en Azerbaïdjan, tous deux des pays exportateurs d’énergies fossiles, où les lobbies de l’industrie ont exercé une forte influence.
Pour en savoir plus : L’Indonésie absente des efforts en faveur d’un « effort collectif » à la COP30
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