Publié le 1er janvier 2026 à 20h27. Une nouvelle thérapie basée sur l’ARN messager (ARNm) pourrait permettre de revitaliser le système immunitaire affaibli par le vieillissement, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour améliorer la santé des personnes âgées et l’efficacité des vaccins et des traitements contre le cancer.
- L’efficacité du système immunitaire diminue avec l’âge, rendant les seniors plus vulnérables aux maladies et réduisant l’efficacité des vaccins.
- Des chercheurs ont développé une thérapie par ARNm ciblant les lymphocytes T dans le foie, capable de restaurer certaines fonctions immunitaires.
- Des tests sur des souris ont montré des résultats prometteurs, avec une amélioration de la réponse immunitaire et une meilleure efficacité des traitements contre le cancer, mais des essais cliniques sur l’homme restent nécessaires.
Le système immunitaire, véritable rempart de l’organisme contre les agressions extérieures, perd naturellement de son efficacité avec l’âge. Ce déclin, lié à la diminution du nombre de lymphocytes T – des globules blancs essentiels à la réponse immunitaire – et à la perte de leurs capacités, rend les personnes âgées plus susceptibles de souffrir de maladies liées à l’âge, telles que les problèmes cardiovasculaires et les inflammations chroniques. De plus, l’efficacité des vaccins et des thérapies anticancéreuses, qui reposent sur la capacité du système immunitaire à combattre les cellules tumorales, diminue considérablement avec l’âge.
Les lymphocytes T se développent dans le thymus, une glande qui joue un rôle crucial dans l’apprentissage du système immunitaire à distinguer les cellules saines des bactéries et des virus. Cependant, le processus de vieillissement entraîne un rétrécissement du thymus et son remplacement progressif par du tissu adipeux, compromettant ainsi la production de lymphocytes T fonctionnels. Jusqu’à présent, les tentatives de ralentir ce processus à l’aide de médicaments et d’hormones se sont avérées infructueuses.
Une approche innovante ciblant le foie
Des scientifiques du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) ont exploré une nouvelle voie thérapeutique en se concentrant non pas sur le thymus, mais sur les lymphocytes T présents dans le foie. L’idée repose sur le fait que la quasi-totalité du sang circulant dans l’organisme passe par le foie, offrant ainsi un accès privilégié à ces cellules immunitaires.
« La plupart des lymphocytes T se trouvent dans le sang. Et tout le sang du corps passe par le foie. »
Mirco Friedrich
Les chercheurs ont d’abord analysé l’évolution des cellules immunitaires au cours du vieillissement, identifiant trois protéines clés dont l’activité diminue avec l’âge et contribue au déclin des lymphocytes T.
La thérapie par ARNm : un espoir pour revitaliser les cellules T
Pour contrer ce processus de vieillissement, l’équipe de Mirco Friedrich a encapsulé l’ARNm codant ces trois protéines dans de minuscules vésicules lipidiques. Ces particules, qui s’accumulent principalement dans le foie, ont été injectées à des souris âgées (environ 50 ans en équivalence humaine) deux fois par semaine. Les résultats ont été encourageants : les souris traitées ont produit un nombre significativement plus élevé de lymphocytes T que les souris non traitées, et ont présenté une meilleure réponse aux vaccins et aux thérapies contre le cancer. Cependant, l’effet de la thérapie s’est estompé rapidement après son arrêt.
Prochaines étapes : vers des essais cliniques chez l’homme
Selon les scientifiques, des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir envisager des essais cliniques sur l’homme. Il est notamment important de déterminer si les trois protéines identifiées jouent un rôle similaire chez l’homme, et si l’ARNm doit être codé pour d’autres protéines afin d’optimiser l’efficacité de la thérapie. Néanmoins, ces premiers résultats sont prometteurs et suggèrent qu’il pourrait être possible, à l’avenir, de revitaliser le système immunitaire humain grâce à des injections régulières d’ARNm.
« Il est concevable de modifier la biologie des cellules T de telle manière que la santé s’améliore considérablement à un âge avancé. »
DKFZ
Sources :
Communiqué de presse du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ)
Étude publiée dans la revue spécialisée Nature
