Publié le 22 octobre 2025 à 22h36. Une étude récente révèle un changement majeur dans les préférences des adolescents en matière de contenu audiovisuel, privilégiant désormais les récits authentiques et les relations amicales aux univers fantastiques.
- Les adolescents recherchent de plus en plus des contenus auxquels ils peuvent s’identifier, mettant en scène des personnages et des situations réalistes.
- Cette tendance se traduit par une popularité croissante de séries comme L’été où je suis devenue jolie, qui a attiré 70 millions de téléspectateurs dans le monde.
- L’étude souligne également l’importance de la dimension sociale de la consommation médiatique, les adolescents préférant discuter de leurs films et séries préférés avec leurs amis plutôt que sur les réseaux sociaux.
Les préférences des jeunes téléspectateurs évoluent rapidement. Selon une enquête annuelle menée par le Center for Scholars & Storytellers de l’UCLA auprès de 1 500 adolescents âgés de 10 à 24 ans, le genre fantastique, qui dominait en 2024 avec 36,2 %, a vu sa popularité chuter à 25 % cette année. En parallèle, l’intérêt pour les contenus « pertinents », c’est-à-dire ceux qui mettent en scène « des gens comme moi », a bondi de 35,3 %, atteignant désormais 32,7 % des personnes interrogées.
Ces résultats confirment le succès rencontré par Prime Video avec la troisième saison de L’été où je suis devenue jolie (The Summer I Turned Pretty), qui a captivé 70 millions de téléspectateurs à travers le monde au cours de ses 70 premiers jours, soit une augmentation de 65 % par rapport à la saison précédente sur la même période. La plateforme de streaming observe également de bons résultats avec d’autres séries comme Nous étions des menteurs (We Were Liars), Motorheads et Maxton Hall, ainsi que Surcompensation (Overcompensating).
L’étude met en lumière un besoin profond de connexion et d’identification chez les adolescents.
« Au cœur de ces découvertes se trouve une vérité plus profonde sur la manière dont les adolescents utilisent les médias : ils recherchent des liens »,
étude UCLA
expliquent les chercheurs. Ils souhaitent s’identifier aux personnages qu’ils voient à l’écran, se reconnaître dans leurs expériences et, surtout, construire une communauté avec leurs pairs.
La consommation de médias est ainsi devenue un acte social. Plus de la moitié des adolescents (53 %) préfèrent discuter de leurs films et séries préférés avec leurs amis plutôt que de partager leur expérience sur les réseaux sociaux. De plus, 31,2 % des jeunes choisissent de regarder un film avec leurs amis, soit deux fois plus qu’ils ne naviguent sur les réseaux sociaux (15,6 %). Selon l’UCLA, « les médias traditionnels sont aussi sociaux ».
En matière de relations, l’amitié prime sur la romance. Près de 60 % des adolescents interrogés souhaitent voir davantage de contenus centrés sur l’amitié, et même lorsque l’histoire inclut une dimension amoureuse, 60,9 % préfèrent des relations basées sur l’amitié et la complicité plutôt que sur l’attirance physique. Cette préférence se reflète dans les titres les plus populaires auprès des jeunes, tels que Choses étranges, Bob l’éponge, Chasseurs de démons K-pop, L’été où je suis devenue jolie et Spider-Man. Ces œuvres, même lorsqu’elles intègrent des éléments fantastiques, restent ancrées dans un univers réaliste et mettent en scène des personnages auxquels les adolescents peuvent s’identifier.
Les adolescents, en revanche, se montrent critiques envers les relations basées uniquement sur l’attirance physique, les relations toxiques présentées comme romantiques, et les contenus à forte connotation sexuelle. Près de 48,4 % des personnes interrogées estiment qu’il y a « trop de sexe et de contenu sexuel à la télévision et dans les films ».
