Publié le 6 octobre 2025 à 21:11 (mis à jour le 6 octobre à 21:24). Une découverte fondamentale sur le rôle des cellules T régulatrices dans le système immunitaire a valu le prix Nobel de médecine à trois chercheurs, ouvrant de nouvelles perspectives pour le traitement des maladies auto-immunes, du rejet de greffe et du cancer.
- Le prix Nobel de médecine 2025 est partagé par Mary E. Brunkow et Fred Ramsdell (États-Unis) et Shibu Sakaguchi (Japon).
- Leurs travaux ont mis en lumière l’importance des cellules T régulatrices et du gène Foxp3 dans le contrôle du système immunitaire.
- Plus de 200 essais cliniques dans le monde explorent actuellement les applications potentielles de cette découverte.
La communauté scientifique salue une avancée majeure dans la compréhension du système immunitaire. Pendant longtemps, la recherche s’est concentrée sur l’activation et le renforcement des défenses immunitaires, une approche dite de « régulation positive ». Les travaux de Shibu Sakaguchi ont été les premiers à souligner le rôle crucial des « cellules T régulatrices » dans la suppression de la réponse immunitaire, révélant ainsi l’importance de la « régulation négative ».
« Cette étude a été un véritable électrochoc pour la communauté scientifique, » explique Chen Siting, professeur agrégé à l’Institut de médecine clinique de l’Université nationale de Jiaotong Yangming. « Le système immunitaire a besoin à la fois d’accélérateur et de frein. Trouver l’équilibre entre ces deux mécanismes est essentiel pour maintenir une bonne santé. »
Après la découverte des cellules T régulatrices par Sakaguchi, Mary Brunkow et Fred Ramsdell ont identifié le gène clé Foxp3, essentiel à leur fonctionnement. Xu Jialin, professeur et directeur de l’Institut de microbiologie et d’immunologie à l’Université nationale de Jiaotong Yangming, illustre l’importance de Foxp3 : « Si les cellules T régulatrices sont une équipe, Foxp3 est le chef d’orchestre. Il coordonne l’ensemble du système immunitaire pour assurer un fonctionnement harmonieux. »
Le système immunitaire est impliqué dans un large éventail de maladies, allant des maladies auto-immunes et du rejet de greffe aux maladies liées au vieillissement, aux troubles neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer et la démence, en passant par les maladies métaboliques telles que l’obésité et le diabète, et même certains cancers. Plus de 200 essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde pour explorer les applications thérapeutiques de cette découverte, et de nombreuses entreprises de biotechnologie taïwanaises ont déjà investi dans ce domaine prometteur.
Chen Nianrong, professeur à l’Institut de microbiologie et d’immunologie à l’Université nationale de Jiaotong Yangming, souligne le lien étroit entre l’immunologie et la médecine moderne. « De la recherche et du développement de vaccins au contrôle des infections et au traitement du cancer, les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux interactions entre le système immunitaire et d’autres systèmes, comme l’influence du système nerveux sur la réponse immunitaire ou le rôle du microbiome intestinal dans la régulation immunitaire. Le potentiel de développement futur est immense. »
Nobel
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