Publié le 24 octobre 2025 à 16h38. Le premier film d’horreur de Chris Stuckmann, Chênes Shelby, explore la disparition inquiétante d’une équipe YouTube et les démons du passé qui pourraient être à l’origine de cette tragédie, mais le résultat déçoit aux yeux de certains critiques.
- Chênes Shelby suit une jeune femme à la recherche de sa sœur disparue, une enquête qui la confronte à un passé trouble et à des forces obscures.
- Le film combine des séquences de type “found footage” avec un récit plus traditionnel, créant une atmosphère mystérieuse mais manquant de véritable épouvante.
- Malgré une réalisation soignée et la présence de Keith David, le film souffre d’un manque de profondeur dans ses personnages et d’effets spéciaux numériques peu convaincants.
Après des années à décortiquer les films d’horreur sur YouTube, Chris Stuckmann s’est lancé dans la réalisation de son propre long métrage. L’attente était grande, d’autant plus après les premières réactions mitigées venues du festival Fantasia l’année dernière (consultez la critique de Bumbray ici). L’intervention de Mike Flanagan, connu pour son talent dans le genre horrifique, avait cependant ravivé l’intérêt. La question est de savoir si cette collaboration a permis d’améliorer le film.
Chênes Shelby raconte l’histoire de Mia, qui se lance à la recherche de sa sœur après que celle-ci et son équipe YouTube ont disparu lors d’un tournage dans une ville abandonnée et mystérieuse. Le film débute avec des séquences de “found footage”, donnant l’impression d’une enquête sur la disparition des jeunes créateurs de contenu. L’histoire évolue ensuite vers un format plus classique, tout en conservant des éléments de “found footage” tout au long du récit. Au cœur de l’intrigue se trouve une thématique satanique, abordée de manière assez abstraite, même dans sa conclusion.
L’un des principaux reproches adressés au film concerne le manque de développement des personnages. Ils apparaissent davantage comme des instruments de l’intrigue que comme des individus complexes et attachants. Il est difficile de s’investir émotionnellement dans leur sort lorsqu’ils manquent de profondeur et de personnalité. La présence de Keith David est appréciable, mais ne suffit pas à compenser ce manque. De plus, l’importance accordée à l’aspect “chasseur de fantômes” de l’équipe YouTube, bien que Stuckmann vienne de cette communauté, semble excessive et peu crédible.

En tant que réalisateur, Stuckmann démontre une maîtrise certaine de la présentation visuelle de l’histoire et obtient des performances correctes de ses acteurs. Le mystère entourant la disparition de Riley est intrigant, et le décor de l’ancienne prison (qui est en réalité celle utilisée dans Les Évadés) possède un charme certain. Cependant, ce potentiel n’est pas pleinement exploité. Malheureusement, le film manque de tension et d’effroi. L’entité monstrueuse présente à l’écran apparaît trop souvent, ce qui nuit à son impact. Une approche plus subtile, avec des apparitions plus rares, aurait pu être plus efficace. Certains éléments mélodramatiques contribuent également à un effet involontairement comique.
Il serait temps d’abandonner les effets visuels numériques représentant des yeux brillants dans les films d’horreur. Ils étaient déjà décevants dans le remake de Salem’s Lot, et ils le sont tout autant ici. Ils n’ajoutent rien à l’atmosphère effrayante et donnent une impression de superficialité. De même, une image générée par ordinateur à l’extérieur de la prison donne l’impression de regarder un jeu vidéo. Le film aurait gagné en crédibilité en privilégiant des effets pratiques. L’importance accordée aux chiens dans le récit, qui ont un rôle disproportionné, est également critiquable.
Chênes Shelby suscite l’intérêt au début, mais devient de plus en plus incohérent au fil du temps. La fin est particulièrement décevante et manque de rédemption. On dit souvent que l’important n’est pas la destination, mais le voyage. Or, lorsque la destination est un échec total, le voyage devient rétrospectivement désagréable. Bien que Stuckmann ne soit pas à rejeter en tant que cinéaste, les défauts du film éclipsent ses qualités.
Chênes Shelby sera diffusé exclusivement dans les salles de cinéma à partir du 24 octobre 2025.
