Publié le 15 décembre 2025 à 02h46. Pour la première fois depuis des décennies, la Chine s’approvisionne en blé auprès de l’Argentine, profitant d’une récolte exceptionnelle et de la politique de libéralisation commerciale du nouveau président Javier Milei.
- La Chine a lancé l’achat de sa première cargaison de blé argentin depuis les années 1990.
- Cette opération coïncide avec une récolte record en Argentine et une réduction des droits de douane sur les exportations agricoles par le gouvernement Milei.
- Le blé argentin, actuellement l’un des moins chers du marché mondial, est destiné à diversifier les sources d’approvisionnement de la Chine.
La société d’État chinoise Cofco International Ltd. a commencé le chargement de la première cargaison de blé depuis les installations de Timbues, un important centre d’exportation situé sur le fleuve Paraná. Le navire transportera initialement 65 000 tonnes de blé, avec un chargement supplémentaire prévu dans un port atlantique avant de prendre le cap vers la Chine.
Cet achat intervient dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre la Chine et les États-Unis, incitant Pékin à rechercher des alternatives pour sécuriser son approvisionnement alimentaire. L’Argentine, qui avait déjà ouvert son marché au blé et au maïs argentins peu avant l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine, est ainsi devenue une option stratégique pour diversifier ses sources.
L’Argentine a également autorisé les importations de farine de soja argentine pendant le premier mandat de Trump, recevant sa première cargaison il y a quelques semaines, affrétée par Bunge Global SA. Au moins deux autres expéditions de farine de soja ont été chargées sur le Paraná en octobre, bien qu’aucune transaction de maïs n’ait encore été signalée.
La politique de Javier Milei, qui vise à libérer les entreprises argentines, joue un rôle clé dans cette dynamique. Le 12 décembre dernier, son gouvernement a réduit les droits de douane sur les exportations agricoles de 2 points de pourcentage, abaissant le taux pour le blé à 7,5 %. Bien que l’imposition de ces droits de douane soit une pratique courante en Argentine depuis le début du siècle pour financer les dépenses publiques, Milei ambitionne de les supprimer complètement.
Cependant, la qualité du blé argentin pourrait limiter les revenus d’exportation pour le gouvernement. Selon la Rosario Board of Trade, la récolte actuelle présente une teneur en protéines plus faible, ce qui pourrait affecter négativement le prix payé par les acheteurs internationaux.
« Même si les rendements sont élevés, la récolte présente une teneur en protéines plus faible, ce qui affecte négativement le prix payé par les acheteurs internationaux. »
Rosario Board of Trade
