Publié le 15 novembre 2023 17:34. La suspension de la grève des employés d’entretien des transports en commun de Montréal intervient alors que le gouvernement québécois s’apprête à adopter une loi controversée lui donnant plus de pouvoir pour intervenir dans les conflits de travail.
- Les 2 400 employés d’entretien ont suspendu leur grève, qui perturbait le service d’autobus et de métro aux heures de pointe et en soirée.
- Une nouvelle loi, adoptée au printemps, permettrait au ministre du Travail d’imposer l’arbitrage dans les conflits jugés préjudiciables à la population.
- Le syndicat maintient la pression et ne considère pas cette suspension comme un abandon de ses revendications salariales et de conditions de travail.
Le retour progressif à la normale du réseau de transport en commun montréalais s’est amorcé mercredi, après la décision du syndicat représentant les employés d’entretien de suspendre son mouvement de protestation. Cette suspension survient juste avant que le ministre du Travail, Jean Boulet, ne présente un projet de loi visant à accélérer l’entrée en vigueur de la loi 16, adoptée au printemps dernier.
Cette loi donne au ministre du Travail le pouvoir de mettre fin à une grève ou à un lock-out en imposant un arbitrage exécutoire si le conflit est jugé nuisible à la population. Elle élargit également la définition des services essentiels, incluant désormais ceux qui assurent « le bien-être de la population ». Initialement prévue pour entrer en vigueur le 30 novembre, l’application rapide de cette loi a été un facteur déterminant dans la décision du syndicat.
« Nous avons perdu un levier important avec cette loi », a reconnu mercredi le président du syndicat, Bruno Jeannotte. Cependant, il a tenu à souligner que les travailleurs ne renoncent pas à leurs revendications.
« Ce n’est pas parce que nous avons retiré cette grève que nous abandonnons, bien au contraire. »
Bruno Jeannotte, président du syndicat
Il a affirmé que d’autres formes de pression seraient envisagées.
La grève des 2 400 employés d’entretien avait entraîné des restrictions importantes du service d’autobus et de métro, particulièrement aux heures de pointe et en soirée. M. Jeannotte a expliqué que l’accélération de l’adoption de la loi aurait rendu impossible l’organisation de nouvelles grèves et aurait compliqué les négociations pour obtenir un accord satisfaisant.
Malgré la suspension de la grève des employés d’entretien, le ministre Boulet insiste sur la nécessité d’adopter rapidement le projet de loi. Il a également mentionné la menace d’une grève de deux jours prévue ce week-end par le syndicat représentant 4 500 chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro, après une première journée de grève le 1er novembre qui avait paralysé complètement le réseau.
Néanmoins, M. Boulet se montre optimiste quant à la possibilité d’une entente.
« Les informations que j’ai reçues indiquent qu’il est tout à fait raisonnable qu’il y ait un accord de principe négocié à la table. »
Jean Boulet, ministre du Travail
Pour que le projet de loi soit adopté rapidement à l’Assemblée nationale, le gouvernement devra obtenir le soutien des trois principaux partis d’opposition. Les libéraux et le Parti québécois ont manifesté leur disposition à collaborer, tandis que Québec solidaire s’y oppose fermement.
