Publié le 9 octobre 2024 20:01:00. Des dépenses excessives en cartes de crédit, un parc automobile surdimensionné et des irrégularités dans la gestion des avantages fiscaux ont été pointés du doigt par un récent audit de l’agence Inland Fisheries Ireland (IFI), chargée de la protection des ressources halieutiques irlandaises.
- L’IFI disposait en 2020 de 53 cartes de crédit pour un total de dépenses de plus de 148 000 €.
- Un règlement de 278 000 € a été nécessaire pour corriger des erreurs liées à l’utilisation de véhicules de fonction par le personnel.
- Des poursuites judiciaires dans des affaires graves de pollution et de mortalité de poissons ont dû être abandonnées faute de délégations formelles.
Un rapport accablant publié jeudi par le contrôleur et auditeur général de l’État révèle de sérieuses lacunes dans les contrôles internes de l’Inland Fisheries Ireland (IFI). L’audit met en évidence un manque de rigueur dans la gestion des finances publiques et soulève des questions sur l’efficacité de l’agence dans l’accomplissement de sa mission : la protection, la gestion et la conservation des ressources de pêche intérieure et en mer d’Irlande.
L’un des points les plus préoccupants concerne l’utilisation des cartes de crédit d’entreprise. En 2020, l’IFI avait mis à disposition de son personnel 53 cartes de crédit, lesquelles ont servi à effectuer des dépenses totalisant plus de 148 000 €. Si le nombre de cartes a été réduit à 17, le rapport souligne qu’il reste excessif pour une organisation de cette taille.
Le parc automobile de l’IFI est également jugé disproportionné. En 2023, l’agence disposait de 436 véhicules, dont 196 appartenant à l’IFI et 43 loués de manière saisonnière. Selon l’organisme de surveillance, « malgré la nature du travail de l’IFI, le nombre de véhicules utilisés semble être très élevé ». Cette situation a conduit à des coûts importants, notamment suite à un accident de la route survenu en 2021, où il a été constaté que 15 véhicules loués, dont celui impliqué dans l’accident, n’étaient pas assurés pendant une certaine période, engendrant des dépenses de près de 230 000 €.
L’audit a également mis en lumière des problèmes liés aux avantages en nature accordés au personnel. En 2023, l’IFI a dû régler plus de 17 600 € au fisc (impôts, intérêts et pénalités compris) suite à l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques au domicile de sept employés, pour un coût initial de 11 700 €. L’IFI n’avait pas vérifié auprès du ministère des Finances si ces installations constituaient un avantage imposable. Six bornes ont depuis été retirées et sont actuellement stockées dans les bureaux de l’IFI à Citywest, Dublin, en attendant une décision quant à leur réutilisation, leur vente ou leur mise au rebut. La septième borne a été rachetée par l’employé concerné.
Par ailleurs, un autre règlement fiscal de 278 000 € avait été nécessaire en 2019, suite à un examen de l’utilisation des véhicules de fonction par le personnel de l’IFI. Le rapport souligne également un recours massif au personnel des agences d’intérim, ce qui a conduit l’IFI à fonctionner « systématiquement au-delà de ses effectifs autorisés », avec des coûts atteignant 743 000 € en 2021 et 882 000 € en 2022.
Des irrégularités dans la gouvernance de l’agence ont également été relevées. En novembre 2021, le bureau du directeur général a été transféré du siège de Citywest, Dublin, au bureau régional de Ballyshannon, dans le comté de Donegal, sans l’approbation du conseil d’administration et sans analyse préalable de rentabilité. Enfin, en mars 2023, l’IFI a constaté qu’aucune délégation formelle n’avait été donnée aux agents pour engager des poursuites judiciaires, ce qui a conduit à l’abandon d’une cinquantaine de dossiers, dont certains concernaient des affaires graves de pollution et de mortalité de poissons, exposant l’agence à des risques financiers et juridiques potentiels.
