Le gouvernement irlandais imposera des interdictions de voyage à certains ministres israéliens, a annoncé le Taoiseach Micheál Martin.
Dans un discours aux Nations Unies vendredi à New York, M. Martin a déclaré que de nouvelles mesures seraient prises contre des politiciens israéliens de haut rang qui ont publiquement évoqué une « catastrophe » à Gaza.
Alors que les propositions de mesures contre Israël restent bloquées au niveau de l’Union européenne, le gouvernement irlandais prévoit de faire avancer ses propres mesures, en collaboration avec d’autres pays partageant les mêmes idées.
Il est probable que les interdictions de voyage cibleront les ministres israéliens Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, selon une source gouvernementale.
« Nous agirons pour empêcher les membres du gouvernement israélien qui ont joué un rôle déterminant dans la promotion de la catastrophe qui se déroule à Gaza d’entrer dans notre pays », a déclaré M. Martin dans son discours.
M. Martin a décrit la situation à Gaza comme une « catastrophe d’une ampleur et aux conséquences monumentales ». Il a affirmé que les actions d’Israël et son mépris du droit international constituaient un « affront » à la dignité humaine. « Nous assistons à la faim utilisée comme arme de guerre. Des bébés meurent de faim pendant que l’aide pourrit à la frontière », a déclaré le chef du Fianna Fáil.
Cette décision risque d’aggraver davantage les relations diplomatiques déjà tendues entre Dublin et le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu.
La Slovénie, un allié de l’Irlande et de l’Espagne concernant la situation à Gaza, a récemment annoncé une interdiction de voyage empêchant M. Netanyahu d’entrer dans le pays. Plus tôt cette année, le gouvernement slovène avait déjà émis des interdictions de voyage à l’encontre de M. Ben-Gvir et de M. Smotrich.
La Commission européenne a récemment proposé d’imposer des sanctions économiques aux deux ministres israéliens. Cependant, une telle décision nécessiterait l’approbation des 27 États membres de l’UE, ce qui est peu probable.
La Commission, dirigée par Ursula von der Leyen, a également proposé de suspendre un accord de libre-échange entre l’UE et Israël, en réponse à sa campagne militaire en cours à Gaza. La suspension possible de cet accord commercial sera discutée lors du prochain sommet des dirigeants de l’UE à Copenhague.
Un groupe d’États membres de l’UE – l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, l’Autriche et la République tchèque – s’est toujours opposé à l’imposition de sanctions à Israël.
La Slovénie a également suivi l’initiative de l’Irlande en envisageant d’interdire le commerce des colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Selon les autorités sanitaires de Gaza, au moins 65 000 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes au cours de près de deux ans de guerre. Les conditions humanitaires sont décrites comme de plus en plus désastreuses, la famine étant déclarée dans certaines parties de Gaza et se propageant. Israël a intensifié ses bombardements sur Gaza City ces dernières semaines, malgré les appels internationaux croissants à la retenue et à un cessez-le-feu.
L’offensive israélienne a été lancée en réponse aux attaques de militants du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui ont fait 1 200 morts, selon les chiffres israéliens.
