Publié le 13 novembre 2023 22:48:00. Une étude scientifique alarmante révèle que le principal courant océanique de l’Atlantique, vital pour le climat européen et nord-américain, pourrait s’effondrer dans les prochaines décennies, avec des conséquences potentiellement catastrophiques incluant un refroidissement brutal et une élévation du niveau de la mer.
- Le courant méridien de retournement atlantique (AMOC) montre des signes de ralentissement inquiétants.
- La fonte accélérée de la calotte glaciaire du Groenland est identifiée comme un facteur clé de ce phénomène.
- Un effondrement de l’AMOC pourrait entraîner une chute des températures en Europe de près de 60 degrés Celsius.
Des chercheurs de l’Institut d’océanologie de l’Académie chinoise des sciences (IOCAS) et de l’Université de Californie à San Diego ont publié une étude dans la revue Communications Earth & Environment qui met en lumière la fragilité du courant méridien de retournement atlantique (AMOC). Ce système complexe, souvent comparé à un tapis roulant océanique, transporte les eaux chaudes des tropiques vers l’hémisphère nord, jouant un rôle crucial dans la régulation du climat de l’Europe, du Royaume-Uni et de la côte est des États-Unis.
L’étude pointe du doigt la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland, exacerbée par le réchauffement climatique, comme principal moteur de ce déséquilibre. L’eau douce issue de la fonte se déverse dans l’Atlantique Nord, perturbant la densité de l’eau salée et entraînant une stagnation du courant. Les chercheurs ont identifié une signature thermique spécifique, située entre 975 et 2 000 mètres de profondeur, qui témoigne de ces changements.
« Ici, nous identifions une empreinte de température distinctive dans l’Atlantique équatorial qui signale des changements dans l’AMOC »
Chercheurs cités par le New York Post
Selon les scientifiques, cette “empreinte digitale” est un indicateur fiable du fonctionnement de l’AMOC dans un climat en mutation. L’analyse des données depuis 1960 révèle une tendance au réchauffement en profondeur qui s’est accélérée à la fin des années 2000, suggérant que le déclin de l’AMOC a commencé à la fin du XXe siècle.
Les conséquences d’un ralentissement, voire d’un effondrement, de l’AMOC pourraient être dramatiques. L’étude prévoit une chute potentielle des températures en Europe de près de 60 degrés Celsius. Jonathan Bamber, professeur d’observation de la Terre à l’Université de Bristol, explique que les hivers deviendraient plus rigoureux, similaires à ceux observés dans l’Arctique canadien, et les précipitations diminueraient.
« Les hivers seront plus typiques dans l’Arctique canadien et les précipitations seront également réduites »
Jonathan Bamber, professeur d’observation de la Terre à l’Université de Bristol
Il est important de noter que l’AMOC s’est déjà effondré une fois dans le passé, avant la dernière période glaciaire il y a environ 12 000 ans. Les chercheurs ont utilisé le modèle de circulation générale du Massachusetts Institute of Technology (MITgcm) pour simuler le comportement de l’océan et de l’atmosphère et identifier les signaux liés à l’AMOC, tels que les ondes d’énergie, qui se propagent vers l’équateur, créant des points chauds océaniques.
Cette étude intervient alors que le débat sur l’impact du changement climatique reste vif. Récemment, Bill Gates a publiquement nuancé l’importance des fluctuations de température sur la planète, une position qui contraste avec les conclusions alarmantes de cette nouvelle recherche.
(rns/rns)
