Publié le 15 décembre 2025 à 07:40. Les hommes ont tendance à négliger leur santé et à repousser les consultations médicales, ce qui retarde souvent le diagnostic de maladies graves. Pourtant, un suivi annuel à partir de 40 ans est essentiel pour préserver leur bien-être.
- Les hommes consultent moins que les femmes et tardent à reconnaître les signaux d’alerte.
- La perception de la masculinité, la peur du diagnostic et le manque de conscience de sa santé sont les principales raisons de cette réticence.
- Un contrôle annuel, notamment urologique, est recommandé à partir de 40 ans pour détecter précocement d’éventuels problèmes.
Les études le confirment : les hommes sont moins enclins à prendre soin de leur santé que les femmes. Des milliers de recherches menées à travers le monde convergent vers la même conclusion : les visites médicales et les examens de prévention sont moins fréquents chez les hommes, quelle que soit leur origine géographique, leur âge ou leur état de santé. Cette tendance à la négligence s’explique par plusieurs facteurs, selon une étude récente publiée dans la revue scientifique Médecine naturelle.
Trois raisons principales ressortent : une certaine perception culturelle de la masculinité qui encourage à la stoïcité et à la résistance à la douleur, la peur du diagnostic et de ses conséquences, et un manque général de conscience de l’importance de la prévention. Cette réticence est particulièrement marquée en matière de santé reproductive masculine, où les hommes sont loin d’adopter les mêmes réflexes que les femmes en matière de consultations régulières.
En Italie, comme dans de nombreux autres pays, le constat est alarmant. Une enquête menée par la Fondation Umberto Veronesi et réalisée par AstraRicerche révèle que moins d’un homme sur trois pratique la prévention et que 65 % des Italiens n’ont jamais consulté un urologue ou un andrologue. Ce chiffre reste élevé, atteignant 45 % chez les hommes de plus de 50 ans.
Pour illustrer ce manque de vigilance, le docteur Luca Carmignani, chef du service d’urologie à l’IRCCS Policlinico San Donato, et collaborateur de la Fondation Veronesi, prend l’exemple des troubles urinaires nocturnes :
« Si vous vous levez plus d’une fois par nuit pour aller aux toilettes, surtout après 45 ou 50 ans, cela pourrait être le signe d’une hypertrophie de la prostate. En termes médicaux, on parle d’hypertrophie bénigne de la prostate. La prostate, généralement de la taille d’une noix, est située entre la vessie et l’urètre. À mesure que le tissu se développe, il bloque une partie du flux d’urine à travers l’urètre. Cette croissance exerce également une pression sur la vessie et l’urètre, provoquant un besoin d’uriner plus fréquent. »
Luca Carmignani, chef du service d’urologie à l’IRCCS Policlinico San Donato
Pourtant, cette condition est souvent méconnue. Une enquête présentée en 2019 lors du congrès de la Société européenne d’urologie a révélé que parmi des milliers d’hommes allemands, français et britanniques interrogés, seule une personne sur quatre savait à quoi servait la prostate, un peu plus d’une personne sur trois connaissait l’hypertrophie et moins d’une personne sur six connaissait les symptômes.
Le président de la Fondation Veronesi, Paolo Veronesi, souligne l’importance d’un diagnostic précoce :
« Le problème, c’est que, souvent, les enfants, les adultes et les personnes âgées arrivent tardivement au diagnostic. Et ceci, quel que soit le trouble en question, n’est jamais un bon point de départ : les thérapies doivent être plus intensives, peut-être que les possibilités de guérison (surtout en cas de cancer) ont disparu. Sans considérer qu’en attendant on vit mal parce que les symptômes ne disparaissent pas d’eux-mêmes, ils s’aggravent avec le temps. »
Paolo Veronesi, président de la Fondation Veronesi
Parmi les troubles masculins les plus courants, on compte la varicocèle (une pathologie affectant les veines du testicule) qui touche un jeune sur quatre entre 15 et 25 ans, les maladies sexuellement transmissibles, de plus en plus fréquentes chez les jeunes adultes, et le cancer des testicules, qui touche principalement les hommes entre 20 et 40 ans (environ 2 400 nouveaux cas par an, avec un taux de guérison de 90 %). À partir de 50 ans, l’hypertrophie bénigne de la prostate et la prostatite (inflammation de la prostate) deviennent plus fréquentes. Enfin, le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus courant, touchant environ 40 000 Italiens chaque année.
Les Italiens sont mal informés sur ces questions. Si la visite urologique est connue par près de 60 % des personnes interrogées, elle n’est pratiquée que par 23 % d’entre elles. L’auto-examen testiculaire est connu par 39 % et pratiqué par 28,5 % au moins occasionnellement. Seuls 42 % des hommes savent que le cancer de la prostate ne présente pas toujours de symptômes évidents.
Le docteur Carmignani insiste sur l’importance de consulter en cas de symptômes tels que des difficultés ou des douleurs à uriner, une augmentation de la fréquence urinaire (même la nuit), la présence de sang dans les urines ou le sperme, ou une éjaculation douloureuse. Il recommande une visite annuelle chez l’urologue à partir de 40 ans, ainsi qu’un contrôle dermatologique régulier et un examen urologique vers 20/25 ans puis 30/35 ans. Après 50 ans, des contrôles urologiques réguliers sont indispensables, sans oublier le dépistage national du sang occulte dans les selles pour la prévention du cancer colorectal.
