Publié le 2024-05-03 10:32:00. Le Congrès national dominicain a autorisé, en moins d’un an, plus de 99 milliards de pesos dominicains (environ 1,58 milliard de dollars américains) de nouveaux emprunts, suscitant des inquiétudes de l’opposition quant à l’endettement du pays.
- Le gouvernement a obtenu l’approbation de plus de 11 initiatives d’emprunt.
- La majorité des fonds empruntés sont libellés en dollars américains, avec quelques exceptions en yuans chinois.
- Les fonds serviront à financer divers projets gouvernementaux, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des transports et de la santé.
Dans une période marquée par des besoins de financement importants pour divers projets d’infrastructure et de développement, le gouvernement dominicain a activement recherché des ressources auprès d’institutions financières internationales. Ces démarches ont abouti à une série d’accords d’emprunt approuvés par le Congrès national au cours des derniers mois.
Le montant total des emprunts approuvés s’élève à 99 400 296 076 pesos dominicains (environ 1 583 390 192 dollars américains). La grande majorité de ces fonds sont libellés en dollars américains, reflétant la prédominance de cette devise dans les transactions internationales. Cependant, deux accords spécifiques conclus avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) se distinguent par leur libellé en yuans chinois, la monnaie nationale de la Chine.
Parmi les projets financés par ces emprunts figurent des initiatives visant à améliorer la chaîne de valeur alimentaire et l’accès financier du secteur agricole, grâce à un prêt de 10 930 000 000 ¥ (plus de 4 milliards de pesos dominicains) de la JICA. L’Agence française de développement (AFD) contribuera également avec 178 374 339 dollars américains pour l’extension de la ligne 2 du métro de Saint-Domingue, un projet géré par l’Office de réorganisation des transports (OPRET).
Le secteur de la santé bénéficiera également de ces fonds, avec un prêt de 50 millions de dollars américains de la Banque interaméricaine de développement (BID) destiné au ministère de la Santé publique et de l’Assistance sociale (Mispas) et au Service national de santé (SNS). Ces ressources seront allouées au renforcement du système de santé, en particulier pour la prévention et la gestion des maladies chroniques non transmissibles, telles que le diabète et l’insuffisance cardiovasculaire.
D’autres accords incluent un prêt de 400 millions de dollars américains de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) pour soutenir les politiques de développement durable du ministère des Finances et de l’Économie, ainsi qu’un financement de 45 millions de dollars américains (6 660 000 000 ¥) de la JICA pour améliorer la gestion des déchets solides au sein du ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (MARN).
La BID s’est également distinguée en accordant un total de 730 millions de dollars américains pour financer des initiatives dans les domaines de la santé, de la gestion des catastrophes naturelles et de la résilience climatique des infrastructures. La CAF a, quant à elle, accordé un crédit de 110 millions de dollars américains pour l’expansion de la barrière de salinité de l’aqueduc oriental et l’amélioration des réseaux de distribution électrique.
Malgré les critiques et le désaccord exprimés par les partis d’opposition, la majorité parlementaire du Parti révolutionnaire moderne (PRM) a réussi à faire adopter ces demandes d’emprunt, arguant qu’elles respectaient les procédures législatives en vigueur. Avec une forte présence au Congrès (146 députés sur 190 et 29 sénateurs sur 32), le PRM et ses alliés ont pu imposer leur volonté face à l’opposition des blocs de la Force populaire (FP), du Parti de libération dominicaine (PLD), du Parti révolutionnaire dominicain (PRD) et du Parti chrétien-démocrate Quisqueyano (PQDC).
La Constitution dominicaine, à son article 93, stipule que toute demande d’emprunt doit être approuvée par les deux chambres du Congrès national. Cette procédure vise à assurer un contrôle parlementaire sur la dette publique et à garantir que les emprunts sont conformes aux lois et à la Constitution.
Le 16 décembre dernier, les législateurs ont également approuvé le budget général de l’État pour l’exercice 2026, validant ainsi les estimations soumises par le président Abinader. Les prévisions budgétaires prévoient des revenus de 1 841 701 394 621 pesos dominicains et un déficit financier consolidé de 278 654 744 137 pesos dominicains.
Deux jours plus tard, le 18 décembre, le Congrès a autorisé le gouvernement à contracter de nouveaux emprunts pour un montant total de 401 767 814 730 pesos dominicains en 2026, afin de couvrir le déficit budgétaire prévu. Le député Frank Paulino, président de la Commission des Finances de la Chambre basse, a justifié ce montant en soulignant qu’il garantirait la capacité de l’État à faire face à ses obligations financières l’année prochaine.
