Publié le 27 décembre 2025 à 22h16. À quelques semaines des premiers essais sur circuit, la Formule 1 est déjà secouée par une controverse technique concernant les nouveaux moteurs de 2026, opposant plusieurs constructeurs à Mercedes et à Red Bull.
Une bataille de fond se joue dans les coulisses de la Formule 1. Trois constructeurs – Audi, Ferrari et Honda – ont adressé une missive à la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) pour obtenir des éclaircissements sur un système développé par Mercedes et adopté par Red Bull, qui pourrait leur conférer un avantage significatif en termes de performance.
L’épineuse question porte sur l’interprétation des nouvelles règles relatives au taux de compression des moteurs V6 turbo. Le règlement de 2026 a abaissé la limite de ce taux, passant de 18:1 à 16:1, afin d’optimiser l’interaction avec l’unité électrique, plus puissante que par le passé. Selon les constructeurs plaignants, Mercedes aurait trouvé une astuce pour augmenter temporairement le taux de compression en phase de haute performance, tout en respectant les limites lors des contrôles effectués à température ambiante.
Des rumeurs évoquent une architecture particulière du six cylindres ou l’utilisation de matériaux déformables pour parvenir à cette prouesse technique. Si avérée, cette innovation pourrait permettre de gagner jusqu’à quatre dixièmes de seconde par tour, selon certaines estimations. Les constructeurs concurrents craignent que cela contrevienne à l’esprit du règlement, qui exige une conformité constante.
La FIA se retrouve une fois de plus face à un défi d’interprétation réglementaire. En 2020, l’organisation avait déjà dû réagir face au système de volant directionnel innovant de Mercedes, finalement interdit la saison suivante. Cette fois, la situation est d’autant plus urgente qu’elle se pose à l’aube d’un nouveau cycle pour la Formule 1, présenté par Liberty Media et la FIA comme une ère de clarté et de règles communes.
Plusieurs options sont envisagées par les constructeurs pour désamorcer la situation. Ils pourraient faire pression sur la FIA pour qu’elle modifie les méthodes de contrôle du taux de compression, ou recourir à une protestation technique, une démarche risquée qui pourrait nuire à l’image de la Formule 1. Une modification des critères de contrôle pourrait être introduite après 6 à 7 courses, laissant le temps aux équipes d’adapter leurs motorisations.
La course aux performances a donc commencé bien avant le coup d’envoi du championnat, prévu le 8 mars à Melbourne. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir de la Formule 1 et la lutte pour le titre mondial.
