Publié le 7 janvier 2026 à 21h24. L’Argentine a obtenu un financement d’urgence d’un milliard de dollars auprès de banques internationales pour faire face à une échéance de dette imminente de 4,3 milliards de dollars, soulignant les difficultés persistantes du pays à stabiliser ses finances.
- L’Argentine a sécurisé un prêt de 3 milliards de dollars américains via une opération de « repo » avec des banques internationales.
- Les banques impliquées incluent la Banque de Chine, BBVA, Deutsche Bank, Santander, JPMorgan et Goldman Sachs.
- Le financement permettra au Trésor argentin de respecter son échéance de dette de 4,3 milliards de dollars vendredi prochain.
L’Argentine a réussi à obtenir un financement crucial d’un milliard de dollars auprès de banques internationales ce mercredi, lui permettant de faire face à une échéance de dette de 4,3 milliards de dollars envers des créanciers privés prévue pour vendredi prochain. Cette opération de financement, réalisée par le biais d’un accord de « repo » (prêt contre garantie), a été menée avec un groupe de six banques internationales, qui ont accepté de prêter des fonds à la Banque centrale argentine en échange d’obligations souveraines du pays.
Selon la Banque centrale, les offres reçues pour cette opération s’élevaient à 4,4 milliards de dollars, témoignant d’un certain intérêt des institutions financières malgré les risques associés à l’économie argentine. Les banques de « première ligne » impliquées seraient, selon les médias locaux, la Banque de Chine, BBVA, Deutsche Bank, Santander, JPMorgan et Goldman Sachs. L’autorité monétaire n’a pas confirmé officiellement ces noms.
La transaction, d’une durée de 372 jours, prévoit un taux d’intérêt annuel de 7,4 %. En garantie, la Banque centrale a fourni aux banques les titres Bonar 2035 et 2038. Ce financement permettra de renforcer les réserves internationales brutes de la Banque centrale, qui s’élevaient à 44,240 millions de dollars américains ce mercredi, selon des sources officielles.
Cette opération de « repo » a été négociée pendant plusieurs mois entre le ministère argentin de l’Économie et diverses banques internationales. Elle est cruciale car le Trésor argentin ne disposait pas de suffisamment de dollars pour honorer l’échéance de vendredi. Les estimations indiquent que le Trésor disposait d’environ 1,7 milliard de dollars américains sur son compte en devises à la Banque centrale, auxquels s’ajoutent 700 millions de dollars obtenus grâce à la privatisation récente de centrales hydroélectriques.
Le Trésor utilisera les fonds obtenus pour acheter des dollars auprès de la Banque centrale, en utilisant ses dépôts en pesos argentins, afin d’atteindre les 4,382 milliards de dollars nécessaires au paiement des intérêts et du capital des obligations souveraines, notamment les titres Bonar 2030 (AL30) et Global 2030 (GD30). Selon la banque CMF, si le Trésor achète des dollars à la Banque centrale avec ses dépôts en pesos, « il ne lui restera qu’une très petite marge de liquidité ».
Malgré l’annonce du financement, les marchés ont affiché une réaction mitigée. Les titres souverains argentins en dollars ont d’abord connu une hausse allant jusqu’à 0,5 %, mais ont finalement clôturé la journée en baisse, avec des diminutions allant jusqu’à 0,3 %. L’indice de risque pays de l’Argentine a également augmenté, atteignant 575 points de base, un niveau qui continue d’empêcher le pays de revenir sur les marchés internationaux de la dette.
L’économiste Gustavo Ber a souligné que l’attention se porte désormais sur la réaction des investisseurs après l’accréditation des fonds vendredi prochain. Il a ajouté que « si un ‘effet de réinvestissement’ est activé, cela pourrait contribuer favorablement à la continuité dans la réduction du risque pays ».
Malgré un accord de facilité étendu conclu en 2025 avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un montant de 20 milliards de dollars américains, ainsi que des prêts supplémentaires obtenus auprès d’autres organisations internationales et une aide financière du Trésor américain, des doutes persistent sur la situation économique de l’Argentine, notamment dans le contexte des élections législatives d’octobre dernier.
« Le paiement de janvier ne faisait aucun doute, mais le mécanisme de financement l’était », a déclaré la banque CMF dans un rapport ce mercredi, soulignant les incertitudes quant à la capacité de l’Argentine à maintenir sa stabilité financière à long terme.
