Publié le 3 décembre 2025 à 23h42. Le roi Willem-Alexander et la reine Máxima ont conclu une visite d’État de trois jours au Suriname, marquée par une réflexion sur le passé colonial et les excuses présentées pour le rôle des Pays-Bas dans l’esclavage, tout en soulignant l’importance d’une relation renouvelée et tournée vers l’avenir.
- Le roi Willem-Alexander a exprimé sa gratitude pour cette visite, survenant peu après les célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance du Suriname.
- La question du passé esclavagiste a été au cœur des discussions, avec un accent particulier sur les excuses royales et leur acceptation par les descendants d’esclaves et les communautés indigènes.
- Le couple royal a souligné la richesse et la cohésion de la société surinamaise, composée de diverses communautés d’origines différentes.
Le roi Willem-Alexander a qualifié ce voyage de « très spécial » en raison des liens historiques profonds entre les Pays-Bas et le Suriname.
« Le terrain historique sur lequel vous marchez ici et l’histoire de nos deux pays, c’est une dimension supplémentaire que vous n’avez pas lors d’autres visites d’État. J’ai vraiment ressenti cela ici. »
Roi Willem-Alexander
Il a rappelé la précédente visite d’État au Suriname, effectuée par sa grand-mère, la reine Juliana, en 1978.
« Près de 50 ans après sa dernière visite, nous avons enfin pu en faire l’expérience nous aussi. »
Roi Willem-Alexander
La dernière journée de la visite a été consacrée à une excursion en bateau sur le fleuve Suriname, à destination d’une ancienne zone de plantation. Ce déplacement a résonné avec le premier jour du voyage, où le roi avait présenté ses excuses aux descendants d’esclaves et aux communautés indigènes. L’accent a été mis sur la nécessité de se confronter à l’histoire coloniale et à l’héritage de l’esclavage.
En 2023, le roi avait déjà présenté des excuses pour le passé esclavagiste des Pays-Bas, une démarche qui a ouvert la voie à cette visite d’État. Il a précisé que ces excuses avaient été formulées au nom de ses ancêtres, en tant que chefs d’État.
« Au nom des gouverneurs et des rois de la Maison d’Orange-Nassau, en tant que chefs d’Etat, ils n’ont rien fait pour agir contre ces crimes contre l’humanité. Ce n’est donc pas personnel, mais c’est quand même au nom de la famille et au nom du chef de l’Etat. »
Roi Willem-Alexander
Il s’est réjoui de l’acceptation de ces excuses par les Surinamais.
« Et je suis très heureux que le premier après-midi, les excuses aient été acceptées et que nous ayons été pardonnés. Cela signifie que nous l’avons conclu par un rituel et à partir de là, nous construisons vers un avenir dans lequel nous n’oublions pas le passé. »
Roi Willem-Alexander
Le couple royal a également souligné la capacité du Suriname à rassembler des populations d’origines diverses. Le roi a exprimé son admiration pour la cohésion et l’ouverture d’esprit de la société surinamaise, estimant que les Pays-Bas pourraient en tirer des leçons.
« C’était une révélation. Le fait que les Surinamais, avec tous ces différents pays d’origine, forment une communauté si soudée et si bien intégrée. Une société si ouverte aux autres et si tolérante sur le plan religieux, beaucoup peuvent en tirer des leçons. »
Roi Willem-Alexander
La princesse héritière Amalia n’a pas participé à cette visite d’État, en raison de ses études et de sa formation au Collège de Défense. Le couple royal espère pouvoir l’accompagner lors d’une future visite. La reine Máxima a indiqué que des photos du voyage avaient été partagées avec Amalia, la princesse Alexia et la princesse Ariane via WhatsApp.
Selon la journaliste de la Maison Royale, Simone Tukker, cette visite était cruciale pour établir une nouvelle relation entre les Pays-Bas et le Suriname, en rupture avec le passé.
« Il était important pour les Pays-Bas et le Suriname de rompre avec le passé lors de cette visite afin d’annoncer une relation renouvelée. Dans le prolongement du discours du roi au Monument de l’esclavage en 2023, lorsqu’il s’est excusé et a demandé pardon. Le roi a souligné à plusieurs reprises au cours de ce voyage qu’il voulait se confronter au passé. Pour les Surinamais, cette visite était particulièrement importante pour montrer qu’ils sont sur un pied d’égalité avec les Pays-Bas. On n’a plus envie de marcher derrière le roi, mais à côté de lui, c’est à ça que ça ressemble ici. Parce qu’il y a eu une rupture avec le passé lors d’un rituel auquel le roi participait également, il y a maintenant de la place pour un nouveau départ, du moins c’est ce que l’on croit. De nombreux Surinamais espéraient également un assouplissement des obligations de visa mais aucun engagement concret n’a été pris à ce sujet. Seul le temps nous dira si les relations entre les Pays-Bas et le Suriname seront moins turbulentes à l’avenir. »
Simone Tukker, journaliste de la Maison Royale
