Publié le 24 décembre 2025 20:21:00. Le Panama a annoncé qu’il prendrait des mesures contre plusieurs navires battant son pavillon après l’interception par les États-Unis d’un pétrolier suspecté de transporter du pétrole vénézuélien en violation des sanctions internationales, une affaire qui met en lumière les efforts accrus pour contrer le commerce illicite d’hydrocarbures.
- Les autorités panaméennes enquêtent sur des navires ayant déconnecté leurs systèmes de localisation et présenté des documents incohérents.
- L’annulation du registre naval est envisagée comme sanction possible pour les navires impliqués.
- L’affaire s’inscrit dans une offensive américaine plus large contre le transport clandestin de pétrole vénézuélien, iranien et russe.
Le gouvernement panaméen a réagi fermement après l’interception du superpétrolier Centuries par les États-Unis dans les Caraïbes. Selon le ministre des Affaires étrangères, Javier Martínez-Acha, les navires concernés « n’ont pas respecté la législation maritime panaméenne » et ont commis de graves irrégularités opérationnelles.
Une enquête préliminaire a révélé que les navires en question auraient délibérément désactivé leurs systèmes de localisation et présenté des incohérences dans leurs documents et l’identification de leur équipage. Ces agissements pourraient entraîner des sanctions administratives, allant jusqu’à la radiation du registre naval panaméen, une mesure que le Panama se réserve le droit d’appliquer en cas de violation de ses réglementations ou d’atteinte à la réputation de son pavillon.
Le Centuries a été intercepté par le Garde-côtes des États-Unis après avoir quitté les eaux vénézuéliennes, opérant sous pavillon panaméen sans se conformer pleinement aux réglementations nationales et internationales en matière de navigation. La déconnexion du transpondeur, les récents changements de nom du navire et les doutes soulevés quant à l’équipage ont été identifiés comme des signaux d’alerte par les enquêteurs.
Javier Martínez-Acha a souligné l’importance de préserver l’intégrité du registre panaméen, l’un des plus importants au monde avec plus de 8 800 navires.
« Nous agirons pour garantir que notre registre maintienne les normes de transparence et que notre drapeau ne soit pas utilisé dans des opérations opaques liées aux réseaux de commerce de l’énergie sanctionnés. »
Javier Martínez-Acha, ministre des Affaires étrangères du Panama
L’affaire du Centuries s’inscrit dans une campagne plus large menée par les États-Unis contre les navires impliqués dans le transport clandestin de pétrole vénézuélien. Washington a indiqué qu’il mène des opérations actives dans les Caraïbes contre d’autres navires, notamment le Bella 1, accusé de recourir à des stratagèmes d’évasion des sanctions, tels que des changements d’identité, l’utilisation de pavillons de complaisance et une navigation sans suivi par satellite.
Ces actions s’inscrivent dans un contexte de renforcement des contrôles internationaux sur les réseaux de navires soutenant le commerce du pétrole brut en provenance de pays sanctionnés, notamment le Venezuela, l’ Iran et la Russie. Le Panama suit de près l’évolution de la situation et déterminera les sanctions finales une fois les enquêtes terminées, face à une pression internationale croissante pour mettre fin à l’utilisation de « flottes fantômes » dans le commerce pétrolier.








