Publié le 22 novembre 2025 à 08h01. La ministre fédérale de la Santé, Nina Warken, rejette l’idée d’un forfait de consultation médicale généralisée, tout en explorant des pistes pour mieux orienter les patients vers les médecins traitants et maîtriser les dépenses de santé.
- Nina Warken s’oppose au retour des frais de pratique, estimant qu’ils n’ont pas atteint leurs objectifs par le passé.
- Elle privilégie l’introduction de frais pour les consultations directes chez des spécialistes sans orientation préalable.
- Le chef de la Techniker Krankenkasse anticipe une hausse des cotisations d’assurance maladie en 2026.
La ministre fédérale de la Santé, Nina Warken (CDU), a réaffirmé son opposition à la réintroduction des frais de pratique, une mesure qui avait été en vigueur de 2004 à 2012. Selon elle, ces frais n’ont pas permis de contrôler durablement les dépenses de santé ni de réduire les charges administratives.
« Je ne pense pas qu’un tarif de contact forfaitaire pour chaque visite chez le médecin ou trimestriellement pour tout le monde ait du sens »
Nina Warken, ministre fédérale de la Santé
Cette position intervient alors que l’association patronale BDA avait récemment plaidé pour l’instauration de tels frais de contact.
En alternative, le ministère envisage de mettre en place des honoraires spécifiques pour les consultations directes chez des spécialistes, sans l’intervention d’un médecin traitant. L’objectif serait d’inciter les patients à suivre le parcours de soins recommandé.
« Si c’est le cas, nous devons être plus ciblés – par exemple en payant des frais si quelqu’un s’adresse directement à un spécialiste sans référence et ne respecte pas le chemin indiqué »
Nina Warken, ministre fédérale de la Santé
La coalition gouvernementale mise sur un renforcement du rôle des médecins de premier recours, qui deviendraient le point d’entrée principal du système de santé. Des incitations financières, ou des frais modérés, pourraient être envisagés pour encourager les patients à consulter en priorité leur médecin traitant. Une commission est actuellement chargée d’examiner les différentes options financières.
Par ailleurs, Nina Warken a évoqué la possibilité d’une prime pour les patients qui privilégieraient leur médecin de famille avant de consulter un spécialiste.
La ministre a également souligné la nécessité d’une augmentation automatique et régulière des subventions fédérales à l’assurance maladie obligatoire.
« Nous devons également aborder la question de la dynamisation de la subvention fiscale fédérale pour le fonds de santé, qui stagne depuis des années »
Nina Warken, ministre fédérale de la Santé
Ces subventions contribuent notamment au financement de la couverture non contributive des familles et des bénéficiaires des allocations citoyennes.
Le chef de la Techniker Krankenkasse s’attend à des cotisations plus élevées
L’Association nationale des médecins de l’Assurance Maladie (KBV) s’est également exprimée contre le retour des frais de pratique. Son président, Andreas Gassen, a estimé que cette mesure serait lourde en démarches administratives et peu efficace pour maîtriser les dépenses. Il a plutôt préconisé l’introduction de tarifs facultatifs pour les personnes assurées par une assurance maladie légale. Nina Warken a cependant rejeté l’idée d’une division de l’assurance maladie légale en tarifs de base et tarifs complémentaires.
Jens Baas, le directeur de la Techniker Krankenkasse, anticipe une augmentation des cotisations d’assurance maladie en 2026. Il explique que les caisses maladie doivent continuer à constituer des réserves financières.
« Je m’attends à de nombreuses augmentations de primes en 2026, notamment parce que les caisses maladie doivent continuer à constituer des réserves »
Jens Baas, directeur de la Techniker Krankenkasse
Il prévoit que la contribution supplémentaire moyenne dépassera probablement les 3 pour cent en 2026, et que le taux total des cotisations pourrait atteindre 20 pour cent dans quelques années.
Vendredi dernier, le Conseil fédéral a bloqué le plan d’austérité déjà approuvé par le Bundestag, renvoyant le dossier à une commission de médiation. Les Länder souhaitent ainsi éviter une réduction des dépenses dans les hôpitaux.
Il est important de noter que les cotisations d’assurance maladie sont fixées par les caisses maladie elles-mêmes, en fonction de leur situation financière. Le taux moyen actuel des cotisations supplémentaires est de 2,9 pour cent, auquel s’ajoute le taux général de 14,6 pour cent.
