Publié le 2024-11-21 08:35:00. Le ministère de l’Éducation irlandais est confronté à des difficultés croissantes pour recruter des enseignants, en particulier dans la région de Dublin, malgré un nombre global d’enseignants qualifiés suffisant. Des mesures incitatives, telles que des bourses et une formation pédagogique universelle, sont à l’étude pour pallier ces pénuries.
- Plus de 2 500 postes d’enseignants étaient vacants à travers l’Irlande à la fin du mois dernier, avec une concentration particulièrement forte dans la région de Dublin.
- Des pénuries spécifiques sont constatées dans certaines matières, notamment les STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), les langues étrangères modernes, l’irlandais et les disciplines professionnelles.
- Le ministère envisage de nouvelles voies d’accès à la profession, des programmes de reconversion et des bourses ciblées pour attirer et retenir les enseignants.
Selon des informations communiquées à la nouvelle ministre de l’Éducation, Hildegarde Naughton, le système éducatif irlandais comptait 1 228 postes vacants dans les écoles primaires, 621 au secondaire et 60 dans l’éducation spécialisée, des chiffres sans précédent. Les responsables du ministère ont souligné que, bien que le nombre d’enseignants qualifiés soit globalement suffisant, une pénurie aiguë de personnel, y compris des remplaçants, affecte particulièrement Dublin et ses environs.
Les difficultés de recrutement ne se limitent pas à la disponibilité des enseignants. Le ministère constate également un manque de candidats qualifiés dans certaines disciplines clés. Les matières STEM, les langues étrangères modernes, l’irlandais, l’économie domestique et les matières pratiques sont particulièrement touchées. Cette situation pourrait persister malgré une baisse attendue des inscriptions dans le primaire à partir de 2036 et au secondaire après 2026/27.
Pour répondre à ces défis, le ministère explore plusieurs pistes. L’introduction d’une prime spécifique pour vivre à Dublin, bien que potentiellement efficace, pourrait entraîner des demandes similaires de la part des fonctionnaires de l’ensemble du secteur public. D’autres mesures envisagées incluent le développement de nouvelles voies d’accès à l’enseignement, une qualification pédagogique universelle, des programmes de reconversion professionnelle, des programmes de perfectionnement continu, et des bourses plus ciblées. Le partage des ressources pédagogiques entre les établissements scolaires est également à l’étude, bien que complexifié par la structure du système éducatif.
Des initiatives financières ont déjà été mises en place. L’année dernière, un budget a alloué une bourse annuelle de 2 000 € (environ 2 150 USD) aux futurs enseignants des filières STEM pendant leurs deux dernières années d’études, à condition qu’ils s’engagent à exercer au moins deux ans dans un établissement secondaire reconnu. Des programmes de perfectionnement en français, informatique, politique et société ont débuté en septembre 2025, et des initiatives similaires sont envisagées pour les matières technologiques.
Malgré les défis, le ministère souligne que le nombre d’enseignants par élève reste à un niveau élevé, avec une augmentation significative des postes d’enseignants entre 2018/19 et 2024/25 (+11 752 postes). Le Conseil pédagogique comptait 127 000 inscrits à ce jour. Le ministère estime que l’enseignement reste une profession attractive pour de nombreux étudiants.
Par ailleurs, le service de paie du ministère a géré les salaires et les pensions de 166 000 personnes. Fin 2023, des trop-perçus d’un montant de 6,8 millions d’euros (environ 7,35 millions USD) ont été versés à 3 550 personnes. Le ministère s’efforce de récupérer ces sommes, mais la situation est plus complexe lorsque les personnes concernées ne sont plus employées par le ministère ou ne bénéficient plus d’une pension.




