Publié le 17 janvier 2026 22h34. Un médicament initialement conçu pour aider à arrêter de fumer pourrait offrir une nouvelle voie thérapeutique pour réduire la consommation problématique de cannabis chez les hommes, selon une étude clinique américaine récente.
- La varénicline, un traitement contre le tabagisme, a démontré une efficacité significative pour diminuer la fréquence de consommation de cannabis chez les hommes souffrant de troubles liés à cette substance.
- Les résultats de l’étude, menée à l’Université médicale de Caroline du Sud, suggèrent que ce médicament pourrait combler un vide thérapeutique important, car il n’existe actuellement aucun traitement pharmacologique spécifiquement approuvé pour cette addiction.
- Bien que prometteurs chez les hommes, les effets de la varénicline se sont avérés moins marqués chez les femmes, nécessitant des recherches supplémentaires pour comprendre les différences de réponse entre les sexes.
Les troubles liés à la consommation de cannabis, caractérisés par une consommation persistante malgré des conséquences négatives sur la santé physique et mentale, ainsi que sur la vie sociale et professionnelle, sont en augmentation, notamment avec la légalisation progressive de la marijuana dans plusieurs régions d’Amérique du Nord. Jusqu’à présent, la prise en charge de ces troubles s’est avérée complexe en raison de l’absence de solutions médicamenteuses validées.
L’essai clinique, impliquant 174 participants diagnostiqués avec un trouble lié à la consommation de cannabis, a comparé pendant douze semaines les effets de la varénicline à ceux d’un placebo. Les participants ont bénéficié de consultations médicales régulières pour assurer le suivi et la continuité du traitement.
Selon les résultats publiés dans la revue Dépendance, les hommes ayant reçu de la varénicline ont présenté une réduction notable de la fréquence de leur consommation hebdomadaire de cannabis par rapport au groupe placebo. En moyenne, ils ont réduit leur consommation de 7,9 épisodes par semaine à 5,7, tandis que le groupe placebo continuait à consommer plus de 12 fois par semaine.
Une amélioration a également été observée en termes de nombre de jours de consommation. Les hommes traités avec la varénicline ont consommé en moyenne 3,8 jours par semaine, contre 4,7 pour ceux ayant reçu le placebo.
Cependant, les résultats chez les femmes se sont avérés différents. Les participantes traitées par varénicline ont rapporté un peu plus de 10 jours de consommation, contre 9,2 pour le groupe placebo, avec une diminution à 8,2 après la fin du protocole. De plus, elles ont signalé des niveaux de sevrage, de désir et d’anxiété plus élevés que les autres groupes, et ont montré une moins bonne observance du traitement.
Le professeur Aimée McRae-Clark, responsable de l’étude, a souligné que les troubles liés à la consommation de cannabis « augmentent rapidement aux États-Unis ». Elle a également insisté sur le manque criant d’alternatives pharmacologiques pour aider les personnes souhaitant arrêter la marijuana.
« L’étude montre que la varénicline, utilisée dans le sevrage tabagique, pourrait également contribuer à réduire la consommation de cannabis, mais uniquement chez les hommes. »
Aimée McRae-Clark, professeur et responsable de l’étude
L’équipe de recherche prévoit d’élargir les échantillons de femmes dans les futurs essais afin d’analyser plus en détail les différences de réponse entre les sexes. Ils attribuent ces disparités à des facteurs biologiques et psychologiques potentiels.
À l’heure actuelle, la varénicline est un traitement approuvé pour aider à arrêter de fumer, mais son utilisation dans le contexte de la consommation de cannabis nécessite des recherches supplémentaires. Dans le cadre de l’essai, le médicament a été administré à une dose de 1 mg deux fois par jour pendant douze semaines.
Le trouble lié à la consommation de cannabis se manifeste par une consommation continue de la substance malgré des conséquences négatives sur les plans physique, émotionnel et social. Il est associé à des complications telles que la psychose, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression et le syndrome de sevrage. La prévalence croissante de ce trouble et le manque de traitements efficaces soulignent l’urgence d’explorer de nouvelles options thérapeutiques.
Cette étude représente une avancée dans la recherche d’interventions pharmacologiques pour lutter contre le trouble lié à la consommation de cannabis et souligne la nécessité de développer des stratégies personnalisées en fonction du sexe et d’approfondir les connaissances sur cette addiction.
