Publié le 18 janvier 2026 à 15h04. L’administration Trump met en œuvre une stratégie audacieuse, voire provocatrice, qui redéfinit les priorités de la politique étrangère américaine, de l’Amérique latine à l’Arctique, en passant par le Moyen-Orient, en privilégiant le contrôle des ressources et des routes stratégiques.
- L’opération controversée menée au Venezuela contre Nicolas Maduro, perçue comme une application de la doctrine dite « Monroe 2.0 ».
- Une rhétorique agressive envers l’Iran et un soutien affiché aux mouvements de contestation, malgré les risques d’escalade.
- Le regain d’intérêt pour le Groenland, avec des propositions allant de l’annexion à la création d’une zone économique commune.
Au début de l’année 2026, plusieurs dossiers internationaux, directement liés à la sécurité nationale des États-Unis, dominent le débat public et préoccupent les experts. Ces initiatives, bien que distinctes, semblent s’inscrire dans une stratégie globale visant à affirmer l’influence américaine sur la scène mondiale.
Le premier président américain, George Washington, avait mis en garde, dans son discours d’adieu, contre les implications des alliances européennes et préconisé une concentration sur le développement intérieur. Cette logique a donné naissance à la doctrine Monroe, qui visait à éloigner les États-Unis des affaires européennes tout en interdisant à l’Europe de s’immiscer dans les affaires des Amériques. À une époque de rivalités coloniales intenses, Washington signalait clairement que toute tentative d’expansion de l’influence européenne dans l’hémisphère occidental serait considérée comme une menace et pourrait déclencher un conflit.
L’administration Trump semble aujourd’hui revisiter cette doctrine, en la baptisant « Monroe 2.0 ». L’opération visant à neutraliser Nicolas Maduro, le 3 janvier, est interprétée par certains comme une mise en pratique de cette nouvelle approche. L’administration américaine accuse Maduro d’être impliqué dans le trafic de drogue et le commerce illégal d’armes, des allégations qui ont servi de justification juridique à cette action. La doctrine de Donroe, un néologisme inventé par les médias américains, combine le nom de Donald Trump et celui de James Monroe, rappelant ainsi les principes fondamentaux de la politique étrangère américaine du XIXe et du début du XXe siècle : non-ingérence dans les affaires européennes et détermination de l’orientation de la région.
Cette nouvelle doctrine semble reposer sur un principe simple : celui qui contrôle les ressources et les routes commerciales détient le pouvoir. Au Venezuela, l’objectif est d’assurer un accès privilégié aux ressources pétrolières et de stabiliser la région. Des accords ont déjà été conclus avec les nouvelles autorités vénézuéliennes concernant les garanties de sécurité, ouvrant la voie à des investissements américains et à un approvisionnement en pétrole pour le marché américain. La levée du blocus sur les pétroliers pourrait faciliter cet accès.
Parallèlement, l’administration Trump a adopté une position ferme envers l’Iran, en soutenant activement les manifestants qui ont éclaté dans le pays suite à des tensions socio-économiques et politiques. Le président américain a appelé les manifestants à prendre le contrôle des bâtiments gouvernementaux et a promis une aide imminente. Un raid militaire contre l’Iran avait été envisagé, mais finalement annulé in extremis. Cette attitude s’inscrit dans une stratégie plus large de confrontation avec la Chine et de déstabilisation de ses alliés régionaux.
La question du Groenland, relancée par Donald Trump, ajoute une nouvelle dimension à cette stratégie. Le président américain a évoqué différentes options, allant de l’achat de l’île à son annexion, en passant par la création d’une zone économique commune. Le Groenland, bien que faisant formellement partie de l’hémisphère occidental, appartient au Danemark et jouit d’une large autonomie. L’Union européenne a exprimé ses inquiétudes, mais les négociations avec le Danemark et le Groenland sont restées infructueuses. Les déclarations provocatrices de Trump visent à contrôler les routes maritimes arctiques, les ressources naturelles et à établir une présence militaire stratégique dans la région.
L’administration Trump semble privilégier une approche pragmatique et transactionnelle de la politique étrangère, où les intérêts nationaux priment sur les considérations idéologiques ou juridiques. Les critiques soulignent les risques d’une déstabilisation accrue des relations internationales et le précédent dangereux créé par ces actions.
« Tant qu’ils coopèrent avec les États-Unis, il n’y aura pas de problèmes. »
Donald Trump
La situation au Venezuela, en Iran et au Groenland illustre la volonté de l’administration Trump de redéfinir les règles du jeu sur la scène internationale et d’affirmer la domination américaine dans un monde en mutation. L’avenir de ces initiatives reste incertain, mais elles témoignent d’une approche audacieuse et controversée de la politique étrangère américaine.
Le rôle de Reza Pahlavi, héritier du shah iranien, vivant aux États-Unis, est également à surveiller. Ses récentes consultations avec des représentants de l’administration américaine pourraient indiquer un soutien potentiel à un changement de régime en Iran.
L’activation de ces différentes pistes a temporairement relégué au second plan la question de l’Ukraine, que Trump abordera sans doute dans le cadre de sa « diplomatie transactionnelle ». Des informations récentes font état d’une nouvelle visite de Jared Kushner et Steve Witkoff à Moscou.
