Publié le 24 décembre 2025 17:43:00. La néoplasie squameuse de la surface oculaire (NSSE), une affection rare mais potentiellement grave, fait l’objet de recherches approfondies pour mieux comprendre ses mécanismes et améliorer son diagnostic et son traitement. Plusieurs études récentes mettent en lumière le rôle de facteurs génétiques, épigénétiques et inflammatoires dans le développement de cette pathologie.
- Des recherches récentes soulignent l’importance de l’expression de certains gènes, comme PP5 et ABCB5, dans le développement de la NSSE.
- L’inflammation chronique est identifiée comme un facteur de risque potentiel, notamment dans les régions où la NSSE est plus fréquente.
- L’étude du microbiome oculaire et de son interaction avec la NSSE ouvre de nouvelles perspectives diagnostiques et thérapeutiques.
La néoplasie squameuse de la surface oculaire (NSSE) est une affection caractérisée par une croissance anormale des cellules à la surface de l’œil, notamment de la conjonctive et de la cornée. Bien que relativement rare, elle peut entraîner une perte de vision si elle n’est pas traitée de manière appropriée. Les causes exactes de la NSSE ne sont pas entièrement connues, mais plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, notamment l’exposition aux rayons ultraviolets, l’infection par le virus du papillome humain (VPH) et l’inflammation chronique. Des études épidémiologiques menées en Afrique (Gichuhi et al., 2013) et en Inde (Kaliki et al., 2022) ont mis en évidence des variations géographiques dans l’incidence de la NSSE.
Les recherches récentes se concentrent sur les mécanismes moléculaires et épigénétiques impliqués dans le développement de la NSSE. Des études ont montré que la surexpression de certains gènes, tels que PP5 (Dou et al., 2020) et ABCB5 (Jongkhajornpong et al., 2016), peut favoriser la prolifération cellulaire et la formation de tumeurs. De même, des anomalies dans la méthylation de l’ADN, notamment au niveau du promoteur DNMT3L (Manderwad et al., 2010) et du promoteur p16 (Shahraki et al., 2023), ont été observées dans les cellules tumorales. L’expression de la protéine p16 est également corrélée à l’invasion des néoplasmes squameux de la surface oculaire, en particulier chez les patients infectés par le VIH (Carrilho et al., 2020).
L’inflammation chronique est également considérée comme un facteur de risque important pour la NSSE (de Arrigunaga et al., 2024). Des études ont montré que l’expression de l’interleukine-6 (IL-6) est souvent élevée dans les tissus tumoraux (Eghtedari et al., 2019). Par ailleurs, des recherches récentes explorent le rôle du microbiome oculaire dans le développement de la NSSE, suggérant que des déséquilibres dans la composition microbienne pourraient influencer la réponse inflammatoire et la progression tumorale (Chow et al., 2024). Des analyses génomiques approfondies, notamment par profilage de l’exome entier (Ramos-Betancourt et al., 2020) et ARN unicellulaire (Zhang et al., 2025), permettent d’identifier de nouveaux biomarqueurs et de mieux comprendre l’hétérogénéité tumorale.
En termes de traitement, des études comparent l’efficacité du 5-fluorouracile topique et de l’interféron alpha-2b (Venkateswaran et al., 2019). L’utilisation d’inhibiteurs de points de contrôle immunitaires est également à l’étude (Li et al., 2025). Les avancées dans la compréhension des mécanismes moléculaires et épigénétiques de la NSSE ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées, notamment basées sur la modulation de l’expression des gènes et la restauration de l’équilibre immunitaire.
