Publié le 26 octobre 2023. OpenAI, le créateur de ChatGPT, explore des investissements importants au Canada afin de renforcer les capacités de centres de données du pays et de contribuer à sa souveraineté numérique, dans un contexte de dépendance croissante envers les géants américains de la technologie.
- OpenAI souhaite établir un partenariat durable au Canada, allant de la construction d’infrastructures à l’achat de puissance de calcul.
- L’entreprise est en discussion avec le gouvernement canadien et des acteurs du secteur privé pour soutenir l’écosystème canadien de l’intelligence artificielle.
- Cette démarche s’inscrit dans un contexte géopolitique où le Canada cherche à affirmer son indépendance numérique.
OpenAI, à l’origine du modèle d’intelligence artificielle générative ChatGPT, s’intéresse de près au Canada pour y développer ses capacités en matière de centres de données. Chris Lehane, directeur des affaires mondiales d’OpenAI, a indiqué que l’entreprise envisage plusieurs pistes, allant de la construction d’installations dédiées à l’IA à l’acquisition de puissance de calcul existante.
« Il s’agit d’être un véritable partenaire ici, sur le terrain au Canada. Cela pourrait prendre la forme d’une infrastructure complète, ou impliquer un engagement d’achat de puissance de calcul », a expliqué M. Lehane, en référence aux puces informatiques essentielles au fonctionnement des modèles d’IA. « Cela pourrait également soutenir des programmes gouvernementaux spécifiques. »
Selon M. Lehane, la présence d’OpenAI pourrait servir de catalyseur pour attirer d’autres entreprises et permettre la mise en service de centres de données capables de répondre aux besoins croissants en puissance de traitement pour l’IA, non seulement pour OpenAI, mais aussi pour d’autres acteurs canadiens.
L’entreprise a déjà lancé un programme, OpenAI pour les pays, visant à collaborer avec différents États pour renforcer leurs infrastructures de centres de données et adapter ChatGPT aux langues et cultures locales. En juillet, OpenAI a annoncé son soutien à un important centre de données en Norvège et collabore avec SAP pour accroître ses capacités en Allemagne. Un protocole d’accord a également été signé avec le gouvernement britannique pour explorer les applications de l’IA dans les secteurs public et privé.
Cette initiative intervient alors que le Canada est de plus en plus conscient de sa dépendance envers les entreprises technologiques américaines pour des services essentiels tels que l’informatique en nuage et l’intelligence artificielle. Une volonté croissante de souveraineté numérique émerge, visant à exercer un contrôle accru sur les infrastructures et les services numériques afin de ne pas être soumis aux décisions de gouvernements étrangers. Le Canada est fortement dépendant des entreprises technologiques américaines pour ces services.
Le gouvernement libéral canadien affiche sa volonté de soutenir les entreprises locales par le biais d’appels d’offres. Un accord non contraignant a déjà été conclu avec Cohere Inc., un concurrent d’OpenAI basé à Toronto, pour explorer l’utilisation de l’IA dans la fonction publique. Le premier ministre a également promu une initiative de « nuage souverain » pour renforcer le contrôle du Canada sur sa puissance de calcul.
Le ministre fédéral de l’IA, Evan Solomon, a récemment créé un groupe de travail composé de chefs d’entreprise et de chercheurs universitaires, chargé de présenter dans les 30 jours des recommandations pour le développement du secteur de l’IA au Canada. M. Lehane a rencontré M. Solomon lundi à Toronto, où il participait à la conférence technologique Elevate.
« Nous avons estimé qu’il était crucial d’être présent pour engager ces discussions et de signaler clairement notre volonté d’être un partenaire constructif », a déclaré M. Lehane, soulignant le potentiel du Canada en termes de talents en IA et d’accès à l’énergie nécessaire pour alimenter les centres de données.
Il est à noter que plusieurs médias canadiens, dont Le Globe and Mail, poursuivent OpenAI pour violation du droit d’auteur, l’accusant d’avoir utilisé du contenu d’actualité pour former ses modèles d’IA. OpenAI se défend en affirmant que ses pratiques sont conformes à la loi sur le droit d’auteur.
OpenAI est également impliqué dans un projet ambitieux de 500 milliards de dollars américains, appelé Stargate, visant à construire des centres de données aux États-Unis.
