Publié le 30 novembre 2025 à 09h20 (heure de l’Inde). Le Pakistan se déclare prêt à participer à une force internationale de stabilisation à Gaza, mais exclut toute implication dans le désarmement des groupes de résistance palestiniens, une position qui intervient après l’adoption d’une résolution de l’ONU sur la question.
Islamabad a indiqué qu’il était disposé à contribuer à la Force internationale de stabilisation (FIS) à Gaza, approuvée par une résolution récente du Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU) négociée par les États-Unis. Cependant, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a clairement précisé que le rôle du Pakistan se limiterait au maintien de la paix et non à son imposition.
Lors d’une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères, M. Dar a souligné :
« La question du désarmement du Hamas a été soulevée lors d’une réunion à Riyad concernant la solution à deux États. Nous ne sommes pas prêts à cela. Ce n’est pas notre travail, mais celui des forces de l’ordre palestiniennes. Notre rôle est le maintien de la paix, pas l’imposition de la paix. Nous sommes prêts à contribuer à cette force, le Premier ministre l’a annoncé en principe, après consultation avec l’état-major, mais cette décision ne peut être prise tant que le mandat et les termes de référence de la FIS ne seront pas définis. »
Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan
M. Dar a également révélé que d’autres pays, comme l’Indonésie, avaient exprimé des réserves quant à une éventuelle mission de désarmement.
« D’après les informations dont je dispose, si cela inclut le désarmement du Hamas, même mon homologue indonésien a exprimé de manière informelle ses préoccupations. »
Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan
La FIS fait partie d’un plan de paix plus large pour Gaza, négocié par les États-Unis et approuvé par le CSNU. Sa mission est d’opérer dans l’enclave palestinienne, mais le Pakistan a insisté sur le fait que sa participation ne comprendrait pas le désarmement du Hamas.
Par ailleurs, M. Dar a abordé les récentes tensions avec l’Afghanistan, révélant qu’une opération militaire potentielle contre Kaboul avait été annulée le mois dernier à la demande du Qatar.
« Le ministère qatari des Affaires étrangères a appris que nous allions prendre des mesures (contre l’Afghanistan). Le Qatar a ensuite demandé une solution au problème et une médiation, après quoi l’opération qui devait être menée cette nuit-là a été arrêtée. »
Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan
La médiation qatarie s’est avérée infructueuse, selon M. Dar.
« Il n’est pas approprié de parler d’un pays ami, mais ils (le Qatar) sont maintenant mécontents d’avoir obtenu une médiation sans qu’aucun résultat ne puisse être atteint. »
Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan
Le ministre pakistanais a appelé les talibans afghans à reconsidérer leur politique, soulignant le coût humain du militantisme.
« Les talibans afghans vont devoir reconsidérer leur politique depuis qu’ils sont au pouvoir. Nous ne voulons rien d’eux, nous sommes prêts à tout, mais depuis que leur gouvernement est au pouvoir, 4 000 de nos officiers et soldats ont été tués et plus de 20 000 blessés. Alors, comment dire ‘fermons les yeux (sur l’Afghanistan)’ ? »
Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan
M. Dar a conclu en affirmant que le Pakistan disposait des moyens de faire face aux problèmes de militantisme émanant d’Afghanistan.
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