Publié le 27 septembre 2025 à 22h40. Les autorités du Ladakh défendent l’arrestation du militant climatique Sonam Wangchuk, l’accusant d’être à l’origine des récentes violences et d’entretenir des liens avec le Pakistan, tandis que l’opposition dénonce une répression politique.
- Le chef de la police du Ladakh, SD Singh Jamwal, affirme que Sonam Wangchuk est le «principal instigateur de la violence» et fait l’objet d’une enquête pour financement étranger.
- Les autorités ont révélé l’arrestation d’un agent de renseignement pakistanais qui aurait diffusé des vidéos des manifestations de Wangchuk au-delà de la frontière.
- Un couvre-feu a été partiellement levé à Leh, permettant aux habitants d’accéder aux services essentiels après trois jours de restrictions.
Le Ladakh est en état de tension après des manifestations qui ont fait quatre morts et plus de 100 blessés. Le directeur général de police, SD Singh Jamwal, a justifié la détention de Sonam Wangchuk en vertu de la loi sur la sécurité nationale, la décrivant comme une mesure nécessaire pour rétablir l’ordre public. Selon lui, Wangchuk aurait activement cherché à compromettre les négociations politiques en cours entre le gouvernement central et les représentants du Ladakh.
Jamwal a déclaré aux journalistes que les enquêteurs avaient découvert qu’un agent de renseignement pakistanais arrêté le mois dernier avait transmis des vidéos des manifestations organisées par Wangchuk à travers la frontière. Leh a été le théâtre de scènes de chaos mercredi, avec des manifestants ciblant des bâtiments gouvernementaux et des bureaux de partis politiques.
« Il avait son propre programme. Il y a une enquête de financement étranger, violation de la FCRA contre lui… Nous avons un agent avec nous qui faisait rapport à travers la frontière, envoyant des vidéos des manifestations dirigées par Wangchuk. »
SD Singh Jamwal, directeur général de police
Le chef de la police a également mis en doute les voyages de Wangchuk à l’étranger, notamment sa participation à un événement organisé par le journal pakistanais Dawn et un séjour au Bangladesh, soulignant qu’il avait publiquement évoqué des mouvements sociaux dans plusieurs pays, dont le Népal et le Sri Lanka.
L’arrestation de Wangchuk a suscité une vive réaction de la part des partis d’opposition. Le Congrès du Ladakh a dénoncé une « campagne de diffamation » visant à discréditer le militant, qu’il considère comme le « visage le plus visible et le plus éloquent de l’agitation au Ladakh ». Shiv Sena (UBT), par la voix de son chef Uddhav Thackeray, a critiqué le gouvernement, estimant qu’il était incohérent de poursuivre Wangchuk tout en maintenant des relations avec le Pakistan.
« Celui qui travaille pour nos forces a été surnommé anti-national et arrêté en vertu de la NSA et vous jouez au cricket avec le Pakistan qui propage la terreur en Inde. »
Uddhav Thackeray, chef de Shiv Sena (UBT)
Les autorités ont justifié la détention de Wangchuk en invoquant ses « discours provocateurs » faisant référence à des mouvements de contestation dans d’autres pays, comme le Népal et le printemps arabe. Elles affirment que cette mesure était nécessaire pour « restaurer la normalité » et empêcher Wangchuk d’agir d’une manière « préjudiciable au maintien de l’ordre public ».
Après trois jours de couvre-feu, les restrictions ont été partiellement levées à Leh, permettant aux habitants d’accéder aux services essentiels pendant quelques heures. De longues files d’attente se sont formées devant les magasins et les distributeurs automatiques de billets, sous la surveillance étroite des forces de police et des Forces de sécurité centrale (CRPF).
Selon la police, 50 personnes ont été arrêtées dans le cadre des manifestations, dont une demi-douzaine de chefs présumés. Parmi les personnes détenues figurent également trois ou quatre ressortissants népalais qui ont été blessés lors des affrontements, leur rôle dans les événements faisant toujours l’objet d’une enquête.
Le chef de la police a défendu l’action des forces de sécurité, rejetant les accusations de violence excessive et affirmant qu’elles avaient réussi à éviter une escalade de la situation. Il a également révélé que 32 membres des forces de sécurité avaient été grièvement blessés le premier jour des manifestations, et que 70 à 80 policiers et agents du CRPF avaient été blessés au total. Un agent du CRPF a subi des blessures à la colonne vertébrale et a été hospitalisé dans un hôpital militaire.
Jamwal a également affirmé que sa propre voiture avait été attaquée, mais qu’il n’avait subi que des blessures mineures. La situation a été maîtrisée vers 16 heures, après le début des violences à 11 heures. Environ 70 à 80 civils ont été blessés, dont une jeune fille dans un état critique, évacuée par voie aérienne pour recevoir des soins médicaux. Six à sept personnes restent hospitalisées.
