Publié le 21 novembre 2023 18:22:00. L’intelligence artificielle, en plein essor dans le domaine de la santé, pourrait creuser les inégalités d’accès aux soins neurologiques si des mesures adéquates ne sont pas prises, selon un nouveau rapport d’UCLA Health. L’étude souligne le potentiel de l’IA, mais met en garde contre les biais liés aux données utilisées pour son développement.
- L’IA peut aider à accélérer le diagnostic de maladies neurologiques comme les accidents vasculaires cérébraux et les tumeurs cérébrales.
- Le manque de diversité dans les données d’entraînement de l’IA risque de défavoriser les populations déjà sous-représentées dans la recherche médicale.
- Trois principes directeurs sont proposés pour garantir une mise en œuvre équitable de l’IA dans les soins neurologiques.
Alors que l’intelligence artificielle s’immisce de plus en plus dans le secteur de la santé, une étude approfondie menée en collaboration avec UCLA Health met en lumière un paradoxe : cette technologie, capable d’assister les médecins dans la détection d’accidents vasculaires cérébraux ou de crises d’épilepsie, pourrait paradoxalement amplifier les disparités en matière de santé. Le rapport insiste sur la nécessité d’une vigilance accrue pour éviter que l’IA ne creuse davantage les inégalités d’accès aux soins.
Publiée dans la revue Neurology, la revue médicale de l’Académie américaine de neurologie, cette recherche examine l’impact croissant de l’IA sur la neurologie. Si les avantages de cette technologie sont déjà visibles – notamment une accélération des diagnostics dans le cas des tumeurs cérébrales ou l’analyse d’imagerie médicale suite à un accident vasculaire cérébral – les chercheurs alertent sur un risque majeur. La dépendance de l’IA à de vastes ensembles de données pourrait désavantager les patients issus de populations vulnérables, souvent sous-représentés dans les études et sujets à des erreurs de diagnostic.
Cependant, l’IA offre également des perspectives prometteuses. Elle pourrait permettre aux professionnels de santé travaillant dans des environnements aux ressources limitées de détecter plus rapidement les premiers signes de maladies neurologiques en analysant les dossiers médicaux, d’améliorer le recrutement de participants issus de groupes sous-représentés dans les essais cliniques, ou encore de garantir un niveau de soins optimal et des résultats de santé améliorés pour tous les patients.
« Cela signifie que l’IA pourrait aider les médecins des régions souffrant d’une pénurie de neurologues à identifier des maladies neurologiques des mois plus tôt, à s’assurer que les médicaments sont adaptés au budget des patients, à générer automatiquement des instructions médicamenteuses dans la langue maternelle du patient et à signaler les exclusions systématiques de certaines populations des essais cliniques. La technologie existe, il suffit de la développer en plaçant l’équité au cœur de nos préoccupations. »
Dr Adys Mendizabal, neurologue et chercheuse en services de santé à UCLA Health
En consultant des experts en santé, des spécialistes de l’IA, des représentants de la Food and Drug Administration et une entreprise spécialisée dans l’IA, le Dr Mendizabal et ses collègues de neuf autres universités ont identifié les opportunités et les dangers liés à l’intégration de l’IA en neurologie. Ils ont ensuite formulé trois principes directeurs pour guider son développement futur :
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Une gouvernance robuste : Un organisme de surveillance indépendant, doté de responsabilités clairement définies, doit être mis en place pour contrôler les performances de l’IA, enquêter sur les défaillances et permettre aux patients de signaler leurs préoccupations ou de demander la suppression de leurs données de santé.
Les chercheurs soulignent que la gouvernance de l’IA doit évoluer en permanence, au même rythme que la technologie elle-même. Cela nécessite une collaboration continue entre les autorités de régulation, les établissements de santé, les développeurs d’IA et les patients.
« Nous sommes à un moment charnière », conclut le Dr Mendizabal. « Les décisions que nous prendrons aujourd’hui concernant le développement et le déploiement de l’IA dans le domaine de la santé détermineront si cette technologie deviendra un moteur d’équité ou un nouvel obstacle à l’accès aux soins. »
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