Une nouvelle étude révèle des différences significatives entre les hommes et les femmes nouvellement diagnostiqués avec un myélome multiple, un cancer du sang relativement fréquent. Ces disparités, observées dans la progression de la maladie et les taux de survie, pourraient conduire à des approches thérapeutiques plus personnalisées.
- Les hommes présentent plus souvent une forme avancée de myélome multiple, avec une atteinte rénale et osseuse plus marquée.
- Les femmes, quant à elles, ont tendance à avoir une densité minérale osseuse plus faible, mais une maladie globalement moins sévère et une meilleure survie.
- Des facteurs biologiques, tels que les anomalies chromosomiques et les différences dans le système immunitaire, pourraient expliquer ces disparités.
Des chercheurs de l’Université d’Alabama à Birmingham (États-Unis) ont mené une analyse approfondie sur 850 patients atteints de myélome multiple (MM) nouvellement diagnostiqué, dans le cadre de l’étude IMAGE (Integrative Molecular And Genetic Epidemiology). Leurs travaux, publiés dans la revue CANCER, une publication de l’American Cancer Society, ont mis en évidence des différences notables entre les sexes dans la présentation et l’évolution de la maladie. L’étude a été renforcée par l’analyse parallèle de deux vastes bases de données : la Base de données SEER et l’ Étude CoMMpass de la Multiple Myeloma Research Foundation, offrant ainsi une perspective complète sur les inégalités entre les sexes dans ce type de cancer.
L’étude révèle que les hommes sont plus susceptibles de présenter un myélome multiple de stade III, selon le système de classification international, ce qui indique une propagation plus étendue du cancer. Ils présentent également une charge tumorale plus importante, caractérisée par des niveaux élevés de protéines monoclonales sériques – des protéines anormales produites par les cellules cancéreuses – ainsi qu’une plus grande proportion de dysfonctionnements organiques, notamment une insuffisance rénale, et des lésions osseuses plus fréquentes.
À l’inverse, les femmes sont plus souvent diagnostiquées avec une faible densité minérale osseuse, mais leur maladie se manifeste généralement de manière moins agressive. Ces différences persistent même après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, l’origine ethnique, l’indice de masse corporelle, le niveau d’éducation, le revenu, les antécédents de tabagisme et la consommation d’alcool.
L’analyse des données de survie issues de la Base de données SEER (78 351 patients) et de l’Étude CoMMpass (1 143 patients) confirme ces tendances. Les femmes atteintes de myélome multiple présentent une survie globale et une survie sans progression significativement plus longues que les hommes. Cet avantage en termes de survie pour les femmes demeure même après ajustement pour l’âge, le stade de la maladie, l’état général et les traitements reçus.
Plusieurs hypothèses biologiques sont avancées pour expliquer ces disparités. Les anomalies chromosomiques à l’origine du myélome multiple semblent plus fréquentes chez les hommes plus jeunes, ce qui pourrait contribuer à l’incidence plus élevée et à la présentation plus agressive de la maladie chez ce sexe. Les différences dans le fonctionnement du système immunitaire entre les hommes et les femmes pourraient également jouer un rôle. Les hommes ont généralement des concentrations plus élevées de lymphocytes T régulateurs (Tregs), des cellules immunitaires associées à une évolution défavorable et à la progression du myélome multiple.
« Cette recherche suggère que des mécanismes spécifiques au sexe favorisent le développement du myélome multiple, ce qui pourrait expliquer le risque accru observé chez les hommes »,
Krystle L. Ong, auteure principale, O’Neal Comprehensive Cancer Center de l’Université d’Alabama à Birmingham
Selon les chercheurs, ces résultats pourraient permettre d’améliorer la stratification des risques, d’affiner le diagnostic et de développer des traitements plus adaptés aux hommes et aux femmes atteints de myélome multiple, y compris les formes précoces de la maladie.
