Publié le 8 janvier 2026. Les grandes banques argentines rivalisent d’offres pour attirer les dollars des épargnants, proposant des taux d’intérêt sur les placements à terme qui atteignent jusqu’à 5 % par an, dans un contexte de recherche de devises pour le financement des entreprises.
- Les principales banques proposent des taux d’intérêt annuels allant jusqu’à 5 % pour les placements à terme en dollars d’une durée d’au moins 365 jours.
- La Banque de Galice se distingue en offrant un taux de 2,47 % pour une durée plus courte de 180 jours.
- Cette stratégie bancaire vise à capter les dollars circulant hors du système financier et à les réorienter vers le financement des exportateurs.
Une véritable course aux dollars se joue dans les banques argentines. Ces derniers jours de 2025 ont vu une augmentation significative des taux proposés sur les placements à terme libellés en dollars, incitant des centaines d’épargnants à confier leurs devises aux institutions financières.
Si cette tendance n’est pas uniforme, avec des disparités selon les banques et les modalités, elle est particulièrement visible pour les placements d’une durée d’au moins 365 jours. La Banque de Galice se positionne comme une exception, offrant déjà un taux plus attractif dès 180 jours.
Quels taux proposent les banques ?
Plusieurs banques leaders proposent désormais un taux de 5 % par an en dollars, sous condition de bloquer les fonds pendant au moins 365 jours, à l’exception de la Banque de Galice.
Voici un aperçu des offres des principales banques :
- Banque Macro : 5 % pour 365 jours.
- BBVA Banque Française : 5 % pour 365 jours.
- Banque Nationale : 5 % pour 365 jours.
- Galice : 2,47 % pour 180 jours.
D’autres institutions, comme Santander et la Province de Buenos Aires, maintiennent des rendements beaucoup plus faibles, oscillant entre 0,05 % et 0,3 % par an, quelle que soit la durée du placement.
Les banques exigent généralement que les opérations soient effectuées en ligne pour bénéficier de ces taux préférentiels.
Les motivations des banques
Cette stratégie répond à un besoin précis : les banques cherchent à obtenir des devises étrangères pour les prêter aux entreprises exportatrices, qui ont souvent des difficultés à accéder aux marchés de capitaux. Il s’agit également de fidéliser une clientèle de PME exportatrices en leur proposant des solutions de financement adaptées.
« Ce n’est pas quelque chose de généralisé. Certaines banques ne se lancent pas dans ce secteur. »
Sébastien Menescaldi, économiste et directeur du cabinet de conseil Eco Go
Selon l’économiste Amilcar Collante, cette augmentation des taux est en partie motivée par Banco Nación et par le projet d’Innocence Fiscale, qui vise à encourager le retour des dollars dans le système financier. Il souligne également que la fin des sanctions liées au blanchiment d’argent pourrait inciter les banques à proposer des taux encore plus attractifs pour conserver les dollars dans le système.
« Je pense que l’augmentation des taux a deux problèmes : c’est un peu piloté par Banco Nación et le thème du projet Fiscal Innocence, qui vise le retour des dollars dans le système financier. Et il y a aussi une deuxième question : que la question de la précédente sanction pour blanchiment d’argent est terminée. »
Amilcar Collante, économiste
Des dépôts en dollars à des niveaux records
Les dépôts à terme en dollars ont connu une croissance spectaculaire ces derniers mois, confirmant la tendance haussière observée l’année précédente. Le stock de ces dépôts est passé d’environ 4 milliards de dollars américains au début de 2025 à 8,218 milliards de dollars américains à la fin de l’année.
Au total, les dépôts en dollars dépassent désormais les 35 milliards de dollars, un niveau jamais atteint auparavant.
Certains analystes estiment que si la stabilité du taux de change se consolide, la croissance des dépôts en dollars pourrait ralentir ou s’inverser. Les nouvelles émissions d’obligations (ON) par les grandes entreprises, si elles trouvent des acheteurs locaux, pourraient également constituer une alternative aux dépôts dollarisés, selon le cabinet de conseil LCG.
Sébastien Menescaldi estime que d’autres options financières pourraient s’avérer plus intéressantes pour les investisseurs, notamment l’épargne en pesos, où les taux devraient rester positifs en l’absence de risque de dévaluation.
