Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude canadienne révèle que la consommation régulière d’eau en bouteille pourrait exposer les individus à une quantité significativement plus élevée de microplastiques que l’eau du robinet, soulevant des inquiétudes quant aux risques potentiels pour la santé.
- Boire de l’eau en bouteille expose à environ 90 000 particules de plastique supplémentaires par an par rapport à l’eau du robinet.
- Ces particules peuvent pénétrer dans le corps et potentiellement causer des inflammations chroniques, des troubles hormonaux et d’autres problèmes de santé.
- Les chercheurs recommandent de privilégier l’eau du robinet et de limiter la consommation de plastique jetable.
L’eau en bouteille, souvent perçue comme une alternative plus sûre et plus pratique, pourrait en réalité comporter des risques insoupçonnés pour la santé. Une récente étude menée par l’Université de Concordia au Canada met en lumière une exposition accrue aux microplastiques chez les personnes qui consomment régulièrement de l’eau en bouteille.
Selon les recherches, une personne moyenne ingère entre 39 000 et 52 000 particules de plastique chaque année. Cependant, ce chiffre pourrait grimper à environ 90 000 particules supplémentaires annuellement pour ceux dont l’eau potable provient principalement de bouteilles en plastique. Ces particules, invisibles à l’œil nu, se détachent des bouteilles en raison de facteurs tels que la lumière, les variations de température et la pression exercée pendant la fabrication, le stockage et le transport.
« Il s’agit d’une exposition différente de celle que nous connaissions jusqu’à présent, où les microplastiques s’accumulaient via la chaîne alimentaire. Ici, nous ingérons directement ces substances chimiques provenant du contenant lui-même. »
Sarah Sajedi, auteure principale de l’étude
L’étude souligne que de nombreuses eaux en bouteille sont conditionnées dans des plastiques de qualité inférieure, plus susceptibles de libérer des particules. Une fois ingérées, ces particules peuvent franchir les barrières biologiques, pénétrer dans la circulation sanguine et atteindre les organes vitaux. Les chercheurs mettent en garde contre les conséquences potentielles de cette exposition, notamment des inflammations chroniques, un stress oxydatif cellulaire, des perturbations hormonales, des problèmes de reproduction, des lésions nerveuses et même un risque accru de certains cancers. Bien que les recherches sur les effets à long terme soient encore en cours, les risques ne doivent pas être négligés.
Sarah Sajedi insiste sur l’importance de l’éducation pour prévenir cette exposition. Elle précise :
« L’eau en bouteille peut être une solution acceptable en cas d’urgence, mais elle ne devrait pas être considérée comme une option quotidienne. »
Sarah Sajedi, auteure principale de l’étude
Elle recommande également de limiter l’utilisation de produits en plastique jetables, tels que les sacs et les pailles, et appelle les gouvernements à prendre en compte les risques potentiels liés à la consommation d’eau en bouteille.
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