Publié le 20 octobre 2025 à 21h07. Le leader du parti chrétien-démocrate (CDA) néerlandais, Henri Bontenbal, a défendu ce soir la liberté d’éducation, même lorsque celle-ci entre en conflit avec le principe d’égalité constitutionnel, estimant que la coexistence de valeurs divergentes est inhérente à une société pluraliste.
- Henri Bontenbal estime que les tensions entre la liberté d’éducation (article 23 de la Constitution néerlandaise) et le principe d’égalité (article 1) sont un compromis acceptable dans une société démocratique.
- Il défend le droit des écoles religieuses de façonner leur enseignement, tout en soulignant la nécessité de respecter le cadre légal.
- Des exemples concrets de contradictions entre les valeurs religieuses et les droits fondamentaux, notamment en matière d’orientation sexuelle et de rôle des femmes, ont été mis en lumière dans une récente enquête de Nieuwsuur.
Selon Henri Bontenbal, il est normal que dans une société pluraliste, certaines opinions soient perçues comme offensantes par d’autres. Il a déclaré à Nieuwsuur :
« Dans une société pluraliste, les opinions que vous n’avez pas seront toujours offensantes. »
Henri Bontenbal, leader du CDA
Il considère que des tensions entre les droits fondamentaux peuvent exister dans une société libérale.
Bontenbal a également souligné la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles réformées, dont il a lui-même bénéficié. Interrogé sur l’impact de valeurs potentiellement discriminatoires, comme le rejet de l’homosexualité, sur les élèves homosexuels, il a répondu qu’une école exprime une conviction religieuse, une vision qu’il ne partage pas personnellement, mais qu’un élève a toujours la possibilité de choisir une autre école.
Cette position intervient après la publication d’une enquête de Nieuwsuur révélant des disparités dans le traitement des élèves en fonction de leur orientation sexuelle dans certaines écoles réformées. L’enquête a notamment montré que si les élèves hétérosexuels peuvent se tenir la main, les élèves homosexuels ne bénéficient pas de la même liberté. Plus d’informations sur l’enquête de Nieuwsuur.
L’enquête a également mis en évidence des enseignements problématiques concernant le rôle des femmes, avec un livret destiné aux écoles réformées affirmant que les femmes sont « soumises » aux hommes et ne devraient pas les diriger. De plus, une méthode religieuse islamique utilisée dans une trentaine d’écoles, selon des informations disponibles en ligne, présentait des stéréotypes négatifs sur les Juifs, incluant une image de Picsou et des allégations sur la supériorité des personnes d’origine juive. Réactions des écoles suite à l’enquête.
Au sein du CDA, des opinions divergentes émergent sur la question de la compatibilité entre l’éducation religieuse et les valeurs démocratiques. Derk Boswijk, numéro deux sur la liste du parti, a déclaré qu’il était inacceptable que les enfants apprennent que les hommes et les femmes ne sont pas égaux, tout en reconnaissant l’importance de l’article 23 de la Constitution. Déclaration de Derk Boswijk.
L’article 23 de la Constitution néerlandaise garantit la liberté d’éducation, tandis que le gouvernement exige également des écoles qu’elles promeuvent les valeurs citoyennes, telles que l’égalité et la non-discrimination. GroenLinks-PvdA et le VVD souhaitent que le principe d’égalité prime en cas de conflit entre les valeurs religieuses et démocratiques.
Bontenbal a mis en garde contre une société où la différence d’opinion n’est pas tolérée au nom du libéralisme, soulignant que certaines opinions peuvent être douloureuses pour d’autres. Il réaffirme son opposition à toute restriction de la liberté d’enseignement des écoles religieuses, considérant que les écoles appartiennent à la société et non au gouvernement, et qu’il est important que différents groupes puissent façonner l’éducation selon leurs convictions.
