Publié le 2024-02-29 14:35:00. Face à une escalade des tensions avec les États-Unis, le régime de Nicolás Maduro a annoncé la mise en place de plans de défense renforcés, incluant une mobilisation militaire et civile à grande échelle, tandis que Washington maintient la pression sur Caracas en l’accusant de liens avec le trafic de drogue.
- Le Venezuela a activé des plans de défense face à une possible intervention américaine.
- Les États-Unis ont intensifié leurs opérations militaires dans les Caraïbes et accusent Maduro de diriger un cartel de la drogue.
- Une loi a été adoptée pour unifier les forces armées et les pouvoirs publics dans le cadre de la défense nationale.
Dans un contexte de fortes tensions diplomatiques et militaires, Nicolás Maduro a affirmé que son pays était prêt à contrer toute menace émanant des États-Unis. Ces déclarations interviennent après que l’administration américaine a intensifié ses opérations dans la région des Caraïbes, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue, mais également en laissant entendre la possibilité d’une intervention sur le territoire vénézuélien.
Sous couvert de lutte contre le narcotrafic, les forces américaines ont déployé une importante présence navale dans les Caraïbes, menant à des opérations qui, selon des sources, ont impliqué le bombardement de dizaines de navires et causé la mort de plus de 80 personnes. Parallèlement, Washington a désigné plusieurs organisations criminelles comme des entités terroristes, notamment le Cartel des Soleils.
L’administration de Donald Trump accuse directement Nicolás Maduro d’être à la tête de ce cartel et a même mis sa tête à prix, offrant une récompense de 50 millions de dollars pour son arrestation.
En réponse à ces menaces perçues, Maduro a ordonné la mise en place de plans de défense en cas d’« invasion » américaine. Ces plans prévoient des exercices militaires impliquant l’armée régulière et les milices populaires, que le régime vénézuélien affirme prêtes à défendre le pays. Le chef de l’État a également ordonné aux Forces armées nationales bolivariennes (FANB) d’adopter une posture de « alerte tactique renforcée » sur l’ensemble de la côte vénézuélienne.
Cette mobilisation militaire se concentre sur des régions stratégiques telles que La Guaira, Miranda, Anzoátegui, Carabobo, Falcón et Zulia. En outre, le régime a activé le « Plan d’indépendance 200 », qui vise à mobiliser l’armée, la milice bolivarienne et les forces de police sur différents fronts à travers le pays, dans le but de garantir « la souveraineté, la paix et la défense globale ».
Ce plan prévoit la création de 284 fronts de bataille, avec le déploiement d’au moins 200 000 militaires sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, début novembre, le Venezuela a adopté la « Loi du commandement pour la défense intégrale de la nation », qui vise à unifier les forces armées, les pouvoirs publics et les conseils communaux dans le cadre d’une stratégie de défense nationale.
Maduro a également présenté un plan qu’il a baptisé « rue par rue, communauté par communauté, armes et système d’armes par système d’armes », dirigé par la milice, dans laquelle, selon le régime, se sont enrôlés 8 millions de Vénézuéliens. Le dictateur a affirmé que ce plan, conçu « par le peuple », garantirait la défense de l’ensemble du pays.
Le commandement mis en place a pour objectif de « planifier, coordonner et exécuter des actions de défense nationale contre des menaces internes ou externes », en collaboration avec les organes de gestion de la défense intégrale (ODDI), qui ont été activés par Maduro en début d’année.
