Publié le 5 janvier 2025 15:11:00. L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a été qualifiée d’« étape importante mais insuffisante » par le chef de l’opposition, Edmundo González Urrutia, qui réclame la libération de tous les prisonniers politiques et le respect de la volonté populaire.
- Edmundo González Urrutia estime que la capture de Nicolás Maduro marque un tournant, mais que la normalisation du Venezuela dépend de la libération des prisonniers politiques.
- Il dénonce la détention de ces opposants comme une « prise d’otages » et insiste sur le respect de la volonté exprimée par les Vénézuéliens lors des élections.
- L’opposition vénézuélienne, représentée par María Corina Machado, considère González Urrutia comme celui qui assure la transition du pouvoir à Miraflores.
L’arrestation de Nicolás Maduro, intervenant après une opération des forces spéciales américaines appuyée par un important déploiement naval dans les Caraïbes, a suscité des réactions contrastées. Edmundo González Urrutia, vainqueur remarqué des élections présidentielles de l’opposition en juillet 2024, a déclaré que cet événement constituait une étape cruciale, mais pas suffisante pour assurer la stabilité et la démocratie au Venezuela.
Dans une vidéo diffusée sur son compte X, il a souligné que « la véritable normalisation du pays ne sera possible que lorsque tous les Vénézuéliens privés de liberté pour des raisons politiques seront libérés ». Il a dénoncé la situation des prisonniers politiques, les qualifiant de « vrais otages d’un système de persécution », et a appelé au respect de la « volonté majoritaire exprimée par le peuple vénézuélien » lors des élections.
Bien qu’il reconnaisse qu’il est « naturel qu’il y ait des sentiments mitigés », González Urrutia a insisté sur l’importance de cet événement. Il a affirmé que « celui qui a usurpé le pouvoir n’est plus dans le pays et fait face à la justice », ouvrant ainsi un nouveau chapitre politique, mais que des « tâches fondamentales » restent à accomplir pour mener à bien la transition politique.
Il a notamment mis en avant la nécessité de libérer « civils et soldats kidnappés pour penser différemment, revendiquer des droits ou remplir leur devoir constitutionnel ». González Urrutia s’est également dit prêt à engager une « grande opération de reconstruction » du Venezuela.
María Corina Machado, figure de l’opposition, a affirmé qu’Edmundo González Urrutia était désormais celui qui assurait la continuité du pouvoir à Miraflores, le considérant comme le président élu. Cette position a été soutenue par plusieurs pays, dont le Panama, l’Argentine, l’Équateur et même le président français Emmanuel Macron.
Pour l’heure, l’administration américaine, qui assure gérer la transition au Venezuela, privilégie le dialogue avec le vice-président vénézuélien, Delcy Rodriguez, qui a assumé la présidence par intérim du pays.
González Urrutia a réaffirmé que la légitimité de sa cause reposait sur le « soutien clair » de millions de Vénézuéliens aspirant à la paix, un soutien qu’il a promis de ne jamais trahir. Il a conclu son message en appelant à l’unité nationale « pour se reconstruire », « guérir » et « veiller à ce que le pouvoir ne soit jamais utilisé contre son propre peuple », exigeant également « vérité, justice et réconciliation, sans impunité ».
L’opération américaine, menée dans la nuit de samedi à dimanche, a vu une importante unité des forces spéciales attaquer le bunker où se trouvaient Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, qui ont ensuite été transférés à New York. Caracas s’est réveillée ce dimanche 4 janvier dans une atmosphère inhabituellement calme, avec des rues vides et peu de circulation, selon l’agence EFE.
