La course à la succession de Gavin Newsom à la tête de la Californie, prévue en 2026, se présente pour l’instant comme un rendez-vous manqué avec l’enthousiasme, malgré une douzaine de candidats en lice. Les électeurs, lassés des promesses non tenues et préoccupés par des problèmes concrets, semblent aspirer à un leadership pragmatique plutôt qu’à une figure charismatique.
Le spectre des gouverneurs passés plane sur cette campagne. Gray Davis, fort d’une longue expérience administrative, avait souffert d’un manque d’éclat qui lui valut un surnom ironique. Arnold Schwarzenegger, en revanche, avait surpris en se présentant comme un novice, capitalisant sur sa célébrité et son image d’homme d’action. Pourtant, tous deux ont quitté leurs fonctions sous le poids de l’impopularité, Davis étant évincé par un vote de défiance organisé par Schwarzenegger lui-même.
Si le casting actuel ne peut rivaliser avec la notoriété de Schwarzenegger, il ne manque pas de personnalités expérimentées. L’ancien maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, le procureur général Xavier Becerra, le surintendant des écoles Tony Thurmond, l’ancienne contrôleur d’État Betty Yee, les députés Katie Porter et Eric Swalwell, ainsi que le shérif du comté de Riverside, Chad Bianco, sont autant de candidats qui ont déjà exercé des responsabilités à l’échelle de l’État ou nationale.
Cependant, un sentiment d’insatisfaction prédomine chez les électeurs interrogés. Au-delà des clivages partisans, la priorité est donnée à la résolution de problèmes concrets : circulation, criminalité, prévention des incendies, logement et sans-abrisme. « Pourquoi faut-il autant de temps pour faire des choses simples ? » s’interroge Michael Duncan, un habitant de la Bay Area, contraint d’affronter un trajet quotidien de près de 200 kilomètres (120 miles) sur des routes dégradées.
La Californie, malgré sa richesse et ses opportunités, est confrontée à une crise du coût de la vie. Beaucoup d’électeurs regrettent que le gouverneur actuel, Gavin Newsom, semble davantage préoccupé par ses ambitions présidentielles pour 2028 que par les besoins de l’État. Ils aspirent à un dirigeant qui placerait les intérêts de la Californie au premier plan.
La complexité de la politique et les contraintes administratives expliquent en partie la lenteur des progrès. Gouverner exige étude, délibération et compromis, des processus souvent peu attrayants pour l’opinion publique. Les médias, avides de sensations, se concentrent davantage sur les spéculations et les rebondissements de la course que sur les enjeux de fond, comme la réforme de la loi sur la qualité de l’environnement (CEQA) ou le financement du programme de soins de santé Medi-Cal (FMAP).
Les électeurs semblent en quête d’un candidat idéal, doté à la fois de force et de pragmatisme, de conviction et d’ouverture d’esprit, d’expérience et de nouveauté. Une chimère, selon de nombreux observateurs. Comme le chantait une vieille chanson, se demandent-ils : est-ce tout ce qu’il y a ?
L’exemple de Donald Trump, qui a su exploiter sa notoriété et son image de self-made man avant de se lancer en politique, rappelle l’importance du charisme et de la communication. Ses rassemblements énergiques et sa présence omniprésente sur les réseaux sociaux ont séduit un large public, même si son action à la Maison Blanche a déçu nombre de ses partisans.
En fin de compte, les candidats au poste de gouverneur de Californie feraient bien de se concentrer sur l’essentiel : réparer les infrastructures, rendre le logement plus abordable et protéger l’État des catastrophes naturelles. Le spectacle et les promesses grandiloquentes peuvent attendre.
