Publié le 17 novembre 2025 à 13h19. Un tweet du ministre de l’Assam, Ashok Singhal, illustré d’une photo de choux-fleurs et faisant référence au Bihar, a déclenché une vive polémique en ligne, ravivant les souvenirs douloureux d’anciens conflits communautaires.
- Le tweet d’Ashok Singhal, publié alors que les résultats des élections législatives au Bihar étaient connus, a été interprété par l’opposition comme une allusion aux émeutes de Bhagalpur de 1989.
- Des figures de l’opposition, notamment du Congrès et du Trinamool Congress, ont accusé le BJP de recourir à un discours politique divisif et de glorifier un événement tragique.
- La controverse met en lumière les tensions persistantes liées aux conflits communautaires passés et soulève des questions sur la rhétorique politique en Inde.
Le post en question, publié sur le réseau social X, affichait une image d’une ferme de choux-fleurs accompagnée de la légende : « Le Bihar approuve l’agriculture de Gobi ✅ ». Ce message, diffusé au moment où le National Democratic Alliance (NDA) semblait sur le point de remporter une large victoire aux élections législatives dans le Bihar, a rapidement suscité une vague de réactions négatives.
Plusieurs responsables de l’opposition ont dénoncé le tweet, y voyant une référence codée aux émeutes communautaires de Bhagalpur en 1989, connues sous le nom de « l’affaire du chou-fleur ». Selon les témoignages, des plants de chou-fleur auraient été plantés sur les sites d’inhumation des victimes musulmanes, tuées lors de ces violences qui ont fait 116 morts dans le village de Logain, dans le district de Bhagalpur.
« Invoquer une telle tragédie de cette manière montre à quel point certains sont prêts à descendre dans la vie publique. »
Gaurav Gogoi, chef du Congrès
Gaurav Gogoi a critiqué vivement le ministre de l’Assam, estimant que l’utilisation de l’image de la « ferme de gobi » était un « nouveau creux choquant dans le discours politique », la qualifiant de « vulgaire et de honteuse ». Il a également accusé le ministre en chef de l’Assam, Himanta Biswa Sarma, de nourrir une haine envers les minorités indiennes et de promouvoir un tel état d’esprit.
Saket Gokhale, député du Rajya Sabha et porte-parole national du Congrès de Trinamool, a affirmé que de tels messages ne pouvaient être publiés qu’avec l’approbation du Premier ministre. Il a republié le tweet de Singhal sur X, ajoutant : « L’agriculture Gobi » fait référence à la glorification du massacre de musulmans à Bhagalpur, Bihar, en 1989. Une ferme de choux-fleurs a été plantée sur les tombes pour cacher les preuves. Il s’agit du ministre BJP de Modi d’Assam. Pas un élément marginal. De toute évidence, @PMOIndia approuve cela. Le monde devrait le savoir.
« Les sifflements communautaires ne peuvent pas être normalisés dans les propres rangs du BJP. J’exhorte le Premier ministre @narendramodi à agir. Le silence ne fera que signaler une approbation, pas une retenue. »
Abhishek Singhvi, député du Congrès et juriste principal
Abhishek Singhvi a également appelé le Premier ministre Narendra Modi à prendre des mesures contre le message de Singhal, le qualifiant de « honteux, source de division et totalement indigne d’un représentant public ». La controverse souligne la sensibilité des questions communautaires en Inde et la nécessité d’un discours politique responsable.
