L’opposant politique ougandais Bobi Wine a été arrêté à son domicile ce vendredi, au lendemain d’une élection présidentielle marquée par des tensions et une coupure d’internet à l’échelle nationale. Sa disparition intervient alors que les résultats préliminaires donnent une large victoire au président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quatre décennies.
Selon la Plateforme d’unité nationale, le parti de Bobi Wine, l’opposant a été « expulsé de force » de son domicile et transporté dans un hélicoptère militaire vers une destination inconnue. Des témoins rapportent que des hommes en uniforme militaire et des agents de sécurité ont franchi la clôture de sa propriété. À ce stade, les autorités ougandaises n’ont fait aucun commentaire sur cette arrestation.
Les élections de jeudi se sont déroulées dans un contexte de répression et d’intimidation, selon les Nations Unies. Bobi Wine lui-même avait dénoncé de « graves irrégularités », notamment un « bourrage massif des bulletins de vote » dans tout le pays, appelant la population à « rejeter le régime criminel ».
Les résultats partiels publiés vendredi par la Commission électorale indiquent que Yoweri Museveni est en tête avec 73,7 % des voix, contre 22,7 % pour Bobi Wine, après le dépouillement de 81 % des bulletins. Les résultats définitifs sont attendus samedi après-midi à Kampala (13h00 GMT).
La campagne électorale a été émaillée de violences et d’arrestations de partisans de l’opposition. Au moins sept personnes ont perdu la vie dans des affrontements survenus dans la nuit de jeudi à vendredi dans la ville de Butambala, située à environ 55 kilomètres au sud-ouest de Kampala. La police locale accuse des partisans de l’opposition armés de machettes d’avoir attaqué un commissariat et un centre de décompte des votes.
Le député Muwanga Kivumbi, membre du parti de Bobi Wine, accuse quant à lui les forces de sécurité d’avoir attaqué des partisans rassemblés chez lui pour attendre les résultats. Il affirme que dix personnes ont été tuées, et que les militaires ont ensuite « veillé à supprimer toutes les preuves des morts », ne laissant sur place qu’une « mare de sang ».
Yoweri Museveni, 81 ans, cherche à prolonger son règne de près de quatre décennies. Avant le scrutin, il avait exprimé son espoir d’obtenir un soutien de 80 % de l’électorat.
