Publié le 13 novembre 2025 16h30. Une épidémie de grippe aviaire frappe de plein fouet la plus grande colonie d’éléphants de mer du sud au monde, située sur l’île de Géorgie du Sud, avec une diminution alarmante de la population.
- Des images de drones révèlent une chute de près de 50 % du nombre d’éléphants de mer entre 2022 et 2024.
- Les femelles sont particulièrement touchées, représentant la majorité des individus décimés.
- Les chercheurs craignent des conséquences à long terme sur la capacité de la population à se rétablir.
L’île subantarctique de Géorgie du Sud, sanctuaire de la faune sauvage, abrite la plus importante population mondiale d’éléphants de mer du sud (Mirounga leonina). Cette population, estimée à des dizaines de milliers d’individus, est aujourd’hui confrontée à une crise sanitaire majeure. Des photographies aériennes prises en 2022 et 2024, avant et après l’arrivée du virus de la grippe aviaire sur l’île, témoignent d’une mortalité massive.
Le virus, qui a déjà provoqué des ravages parmi les mammifères marins et les oiseaux de mer en Amérique du Sud, a atteint la Géorgie du Sud en 2023. Une équipe de recherche du British Antarctic Survey Institute de Cambridge, au Royaume-Uni, a analysé les images de trois des plus grandes colonies reproductrices d’éléphants de mer. Leurs conclusions, publiées dans la revue spécialisée Biologie des communications, font état d’une diminution de 47 % du nombre de femelles dans les zones étudiées en 2024, par rapport à 2022. En extrapolant ces données à l’ensemble de la population de l’île, les chercheurs estiment que plus de 53 000 femelles ont péri.
Ce déclin est comparable à celui observé dans la péninsule Valdés en Argentine, où la grippe aviaire avait entraîné la mort des deux tiers de la population d’éléphants de mer femelles en 2023. Les conséquences pourraient être encore plus graves à Géorgie du Sud, car les femelles infectées, même si elles ne succombent pas immédiatement au virus, peuvent être affaiblies au point d’abandonner leurs petits, condamnant ainsi la progéniture à la mort.
Selon Connor Bamford et son équipe, la population d’éléphants de mer de Géorgie du Sud pourrait mettre des décennies à se remettre de cette crise. Ils soulignent la nécessité d’une surveillance continue des populations animales, à l’aide de données satellitaires et d’enquêtes sur le terrain, afin d’évaluer l’impact à long terme de la grippe aviaire et de mettre en place des mesures de conservation appropriées.

© British Antarctic Survey (BAS) (détail)
Vue aérienne d’une colonie reproductrice d’éléphants de mer sur l’île de Géorgie du Sud. L’île est située dans la région sub-Antarctique et offre des habitats importants pour les éléphants de mer, les manchots royaux et les otaries à fourrure de l’Antarctique, entre autres.
