Publié le 20 novembre 2025 à 08h15. Une rencontre impromptue à la Maison Blanche entre Cristiano Ronaldo, Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane soulève des questions sur l’influence croissante des fonds du Moyen-Orient et des enjeux politiques dans le monde du football, à l’approche de la Coupe du monde 2026.
- La présence de Cristiano Ronaldo à un dîner exclusif à la Maison Blanche, aux côtés de figures politiques influentes, est perçue comme une stratégie de lobbying indirect.
- Cette rencontre s’inscrit dans un contexte de « sportswashing » de l’Arabie saoudite, avec Ronaldo comme ambassadeur de choix après son transfert au club Al-Nasser.
- L’accord « FIFA PASS », annoncé par l’administration américaine, facilite l’obtention de visas pour les supporters étrangers lors de la Coupe du monde 2026, renforçant les liens entre la FIFA et les États-Unis.
La scène est surréaliste : Cristiano Ronaldo, vêtu d’un smoking élégant, dînant dans la salle Est de la Maison Blanche avec l’ancien président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. À leurs côtés, Gianni Infantino, le président de la FIFA, complétait ce tableau improbable. Cette réunion, loin d’être anodine, illustre la convergence croissante entre la politique, le financement et le sport, et suscite de nombreuses interrogations quant aux enjeux de la prochaine Coupe du monde 2026.
L’apparition de Ronaldo intervient à un moment délicat de sa carrière sportive. Récemment suspendu pour un carton rouge controversé, l’attaquant portugais risque une suspension de trois matchs qui pourrait compromettre sa participation aux éliminatoires de la Coupe du monde. Sa présence à la Maison Blanche, aux côtés de personnalités influentes, est immédiatement interprétée comme une tentative de pression sur les instances disciplinaires de la FIFA. Il est difficile d’imaginer un comité de discipline oser se prononcer contre des figures aussi puissantes réunies autour d’une même table.
Mais Ronaldo n’est qu’un pion dans une stratégie plus vaste, celle du « sportswashing » menée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie saoudite investit massivement dans le sport, notamment en attirant des stars comme Ronaldo dans son championnat national, afin d’améliorer son image internationale et de détourner l’attention des critiques concernant sa politique des droits de l’homme. La photo de Ronaldo souriant aux côtés du prince héritier a ainsi eu un effet immédiat, éclipsant les questions sensibles soulevées par les journalistes.
Gianni Infantino, le président de la FIFA, est également un grand gagnant de cette alliance. En cultivant des relations étroites avec l’administration Trump, il a obtenu un avantage significatif : l’annonce du programme « FIFA PASS ». Ce système permettra aux supporters étrangers détenant des billets pour la Coupe du monde 2026 de bénéficier d’une procédure accélérée pour l’obtention de visas, un privilège sans précédent qui témoigne de l’importance accordée aux liens politiques.
La réunion à la Maison Blanche symbolise une nouvelle ère pour la Coupe du monde. Désormais, l’organisation de ce grand événement sportif ne dépendra plus uniquement des performances des athlètes ou de l’enthousiasme des supporters, mais aussi des financements massifs provenant du Golfe, du pouvoir politique des États-Unis et de la capacité de ceux qui peuvent combiner ces trois forces en un seul lieu. Ronaldo est devenu, à cet égard, un acteur clé sur l’échiquier politique mondial, bien au-delà de son rôle de simple footballeur.
