Publié le 9 janvier 2026 à 13h37. Les relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine s’annoncent tendues en 2026, marquées par une escalade des mesures protectionnistes et un manque de stratégie globale de la part de Bruxelles, selon une analyse récente.
- L’UE peine à définir une approche stratégique face à la Chine, se concentrant sur des mesures techniques et défensives.
- L’Allemagne, première économie européenne, est confrontée à des difficultés croissantes face à la concurrence chinoise dans le secteur automobile.
- Une nouvelle année de guerres tarifaires se profile, malgré quelques concessions de Pékin par le passé.
Les tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine devraient s’intensifier dans les mois à venir. Francesca Ghiretti, directrice de l’Initiative Chine-Europe au sein du groupe de réflexion Rand, estime que « 2026 intensifiera les dynamiques et les tensions déjà visibles en 2025 ». Selon elle, le principal défi de l’UE réside dans sa capacité à élaborer une stratégie globale vis-à-vis de la Chine, au-delà de simples réactions aux enjeux commerciaux.
« Le principal défi de l’UE reste non résolu : définir une approche stratégique – et non technique – envers la Chine qui va au-delà des mesures défensives »
Francesca Ghiretti, directrice de l’Initiative Chine-Europe au sein du groupe de réflexion Rand
L’année débutera avec un test important pour ces relations, avec la visite du chancelier allemand Friedrich Merz en Chine en février. L’Allemagne, traditionnellement un pilier du commerce européen, voit son secteur automobile perdre du terrain face à la concurrence chinoise, tant en termes de technologie que de prix. Ce qui était autrefois un excédent commercial structurel pour l’Allemagne s’est transformé en déficit, en raison de la baisse des exportations vers le marché chinois.
L’UE a jusqu’à présent privilégié des enquêtes commerciales ciblées pour contrer les pratiques commerciales déloyales. Actuellement, 37 de ces enquêtes sont en cours contre la Chine, mais aucune ne s’attaque au problème fondamental de la surproduction. L’enquête menée par Bruxelles sur les subventions accordées à l’industrie chinoise des véhicules électriques, par exemple, a peut-être limité l’afflux de voitures électriques à batterie, mais la Chine a simplement redirigé ses exportations vers les véhicules hybrides.
Cette situation laisse présager une nouvelle année de guerres tarifaires. L’année dernière, Pékin avait montré une certaine flexibilité en réduisant les droits de douane sur des produits européens tels que le cognac et le porc. Cependant, la Chine a maintenu une enquête sur les produits laitiers européens, qui a abouti à l’imposition de droits provisoires élevés, allant jusqu’à 42,7 %. Des droits définitifs seront fixés par Pékin à la fin du mois de février dans ce dossier, suscitant l’inquiétude de la Commission européenne. Vous pouvez consulter les détails de ces droits provisoires ici.
Selon Francesca Ghiretti, la capacité de l’UE à agir est souvent confondue avec une véritable stratégie. Elle avertit que « même si Bruxelles construit progressivement un cadre technique et politique plus solide, la capacité peut être confondue avec la stratégie ».
