Publié le 11 décembre 2023 à 16h30. Le Japon a bloqué une proposition de l’Union européenne visant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine, compromettant les efforts de Bruxelles pour obtenir un soutien international plus large à cette initiative.
- Le Japon refuse d’utiliser ses 30 milliards de dollars (25,7 milliards d’euros) d’actifs russes gelés pour un prêt à Kiev.
- La Belgique freine également le projet européen, craignant d’assumer seule les risques financiers liés à une éventuelle rétroactivité juridique russe.
- Les États-Unis pourraient limiter leur aide financière à l’Ukraine une fois les prêts actuels épuisés.
Lors de la réunion des ministres des Finances du G7 lundi, le Japon a exprimé son incapacité à mobiliser les quelque 30 milliards de dollars d’actifs russes bloqués sur son territoire pour aider financièrement l’Ukraine. Cette décision, révélée par le site d’information Politico, porte un coup dur aux ambitions de l’Union européenne de créer un mécanisme de financement plus large, s’appuyant sur les avoirs russes immobilisés.
La Commission européenne espérait parvenir à un accord entre les États membres avant le sommet des 18 décembre à Bruxelles, afin de débloquer des dizaines de milliards d’euros d’actifs russes gelés. Cependant, la Belgique s’oppose fermement à cette proposition, redoutant d’être tenue entièrement responsable en cas de contestation juridique de la Russie. Le gouvernement belge, dirigé par Bart De Wever, plaide pour une participation plus large d’autres pays à cette initiative.
Selon des sources diplomatiques, les États-Unis et le Japon ont refusé de rejoindre le mécanisme proposé par l’UE, ce qui signifie que la charge financière de l’aide à l’Ukraine retomberait principalement sur les pays européens. Washington a également annoncé qu’elle réduirait son soutien financier à Kiev une fois les tranches actuelles de prêts du G7 épuisées.
Malgré ces obstacles, les ministres des Finances du G7 ont réaffirmé dans un communiqué commun leur engagement à continuer de rechercher des moyens de soutenir l’Ukraine, y compris l’utilisation potentielle de la pleine valeur des actifs russes, dans le respect des cadres juridiques nationaux. Le Japon, tout en exprimant des réserves juridiques, est également influencé par la position des États-Unis et ne souhaite pas s’opposer à son allié principal.
L’ancien président américain Donald Trump a suggéré qu’il préférerait utiliser les avoirs russes comme levier de négociation avec Vladimir Poutine, en envisageant de restituer une partie des fonds à Moscou et d’utiliser le reste pour des investissements américains en Ukraine.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, reste cependant attachée à l’idée d’utiliser les avoirs russes pour aider l’Ukraine, une position qu’elle a réaffirmée lors d’une rencontre lundi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en présence du Premier ministre britannique Keir Starmer, du président français Emmanuel Macron et du chancelier allemand Friedrich Merz.
Le Royaume-Uni et le Canada se sont déclarés prêts à céder les actifs russes à l’Ukraine si l’UE parvient à un accord sur leur utilisation.
(source : Christopher Katsarov, La Presse Canadienne)

