Publié le 2025-12-30 19:36:00. Des recherches récentes mettent en évidence un lien étroit entre la composition lipidique du lait maternel, influencée par l’état nutritionnel de la mère, et le développement métabolique de l’enfant, notamment en matière de risque d’obésité.
- L’indice de masse corporelle (IMC) de la mère avant la grossesse semble avoir un impact plus important sur le poids de naissance et le risque d’obésité infantile que les efforts de contrôle du poids pendant la grossesse.
- Les plasmalogènes, une classe de lipides essentiels, pourraient jouer un rôle protecteur contre l’obésité et les maladies métaboliques, et leur concentration dans le lait maternel est influencée par l’alimentation maternelle.
- Des études récentes identifient des signatures lipidiques spécifiques liées au risque cardiométabolique chez les enfants et les adolescents obèses, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention.
La santé métabolique des enfants est de plus en plus reconnue comme étant influencée par les premières étapes de la vie, et notamment par la nutrition pendant la grossesse et l’allaitement. Plusieurs études, dont celles menées par l’Institut australien de la santé et du bien-être (AHW) en 2020, soulignent la prévalence croissante du surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents australiens. Ces observations ont conduit les chercheurs à explorer les mécanismes sous-jacents à ces tendances, en se concentrant notamment sur le rôle des lipides et des métabolites lipidiques.
Les travaux de Godfrey et collègues (Lancet Diabète Endocrinol., 2017) ont démontré l’influence de l’obésité maternelle sur la santé à long terme de la progéniture. Une revue systématique et une méta-analyse dirigées par Heslehurst et al. (PLoS Med., 2019) ont confirmé l’association entre l’IMC maternel et l’obésité infantile. Des recherches plus récentes, comme celles de Zheng et coll. (Int. J. Obés., 2023), tentent de mieux comprendre les liens complexes entre les facteurs prénataux et postnataux et les conséquences du surpoids dans la petite enfance.
Un aspect particulièrement étudié est le rôle des plasmalogènes, des lipides essentiels présents dans les membranes cellulaires. Selon Paul et collègues (J. Rés. lipidique., 2021), la supplémentation en huile de foie de requin, riche en plasmalogènes, peut améliorer le profil lipidique et réduire l’inflammation. Des études, comme celle de Smith et al. (Clin. Traduction Sci., 2025), évaluent actuellement la sécurité et l’efficacité de précurseurs synthétiques de plasmalogènes chez l’homme. Fujino et al. (EBioMédecine, 2017) ont même suggéré un potentiel thérapeutique des plasmalogènes dans le traitement de la maladie d’Alzheimer et des troubles cognitifs légers.
Les recherches de Burugupalli et collègues (BMC Med., 2021 et 2025) mettent en évidence l’effet protecteur de l’allaitement maternel sur l’inflammation infantile, en partie grâce à la modulation du lipidome et du métabolome plasmatiques. Ramadurai et al. (Clin. Ther., 2022) ont identifié des prédicteurs maternels de la concentration en plasmalogènes dans le lait maternel et leur association avec la composition corporelle et le développement neurologique du nourrisson. Ces résultats soulignent l’importance d’une alimentation maternelle équilibrée, riche en acides gras polyinsaturés, pour optimiser la qualité du lait maternel et favoriser la santé de l’enfant.
Cependant, il est important de noter que l’IMC reste un indicateur imparfait de l’adiposité, en particulier chez les enfants (Bell et al., J. Pédiatre., 2018). Des mesures plus précises, comme le rapport tour de taille/taille, pourraient être plus pertinentes pour évaluer le risque métabolique (Agbaje et al., Pédiatre. Rés., 2024). En outre, les recommandations actuelles, telles que celles formulées par le comité FIGO sur la grossesse et les maladies non transmissibles (McAuliffe et coll., Int. J. Gynécol. Obsteté., 2020), insistent sur la nécessité d’une prise en charge globale de l’obésité, dès la période préconceptionnelle et tout au long de la grossesse et du post-partum.
Les études de Yu et al. (Nat. Med., 2025) et d’autres chercheurs continuent d’explorer les signatures lipidiques modifiables associées au risque cardiométabolique chez les enfants et les adolescents obèses, ouvrant la voie à des interventions ciblées pour prévenir l’obésité et ses complications. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes complexes qui relient la nutrition maternelle, la composition du lait maternel et la santé métabolique de l’enfant.
Étude de Godfrey et collègues (Lancet Diabète Endocrinol., 2017)
Revue systématique et méta-analyse de Heslehurst et al. (PLoS Med., 2019)
Recherche de Zheng et coll. (Int. J. Obés., 2023)
Étude sur les plasmalogènes de Paul et collègues (Prog. Lipid Res., 2019)
Étude de Smith et al. (Clin. Transl Sci., 2025)
Essai clinique de Fujino et al. (EBioMedicine, 2017)
Étude de Agbaje et al. (Pediatr. Res., 2024)
Analyse de médiation de Burugupalli et collègues (BMC Med., 2025)
Étude de Ramadurai et al. (Clin. Ther., 2022)
