Publié le 24 octobre 2024 18h55. Les bureaux du Conservateur des Biens Immobiliers de Chillán ont été perquisitionnés jeudi après-midi par des enquêteurs dans le cadre d’une affaire nationale de trafic d’influence présumé, impliquant potentiellement le conservateur lui-même.
- Une opération menée par les carabiniers de l’OS-7 de Santiago a eu lieu dans les locaux du Conservateur des Biens Immobiliers de Chillán.
- L’enquête, dirigée par le parquet régional de Los Lagos, porte sur des allégations de trafic d’influence.
- Le nom de l’avocat Yamil Najle, conservateur de Chillán, avait déjà été cité dans une enquête de 2024 sur des nominations judiciaires irrégulières.
Une équipe d’enquêteurs de l’OS-7 (Organisme Spécialisé des Carabiniers), une unité d’élite de la police chilienne, a mené une perquisition dans les bureaux du Conservateur des Biens Immobiliers de Chillán, situés rue Bulnes, jeudi après-midi. L’opération, qui a débuté vers 15h00 et s’est achevée aux alentours de 19h30, s’inscrit dans une enquête nationale plus vaste, supervisée par le parquet régional de Los Lagos.
Les autorités restent discrètes sur le contenu précis de la perquisition. Le ministère public a confirmé que l’affaire était traitée avec la plus grande confidentialité et n’a, pour l’instant, fourni aucun détail sur les éléments recherchés ou saisis. Les enquêteurs ont quitté les lieux en transportant plusieurs cartons et dossiers contenant les informations collectées.
Selon des sources proches de l’enquête, la perquisition serait liée à une affaire de trafic d’influence présumé dans laquelle Yamil Najle, l’avocat exerçant les fonctions de conservateur des biens immobiliers de Chillán, pourrait être impliqué. Son nom avait déjà été mentionné en 2024 par le média d’investigation Ciper, qui avait révélé qu’il avait versé 25 millions de dollars à l’associée de l’alors ministre de la Cour suprême, Ángela Vivanco, peu après sa nomination au poste de conservateur.
Le rapport de Ciper établissait également un lien entre l’ancienne ministre Vivanco et les avocats Luis Hermosilla et le juge Antonio Ulloa, figures centrales d’une vaste enquête nationale sur des nominations judiciaires irrégulières et des pratiques de trafic d’influence. Malgré la polémique suscitée par ces révélations, la nomination de Najle n’avait pas fait l’objet de contestations formelles à l’époque. Il possédait l’expérience requise, ayant déjà exercé les fonctions de conservateur par intérim à Talca, et figurait parmi les trois candidats proposés par la Cour d’appel, aux côtés de Pedro Luis Parra et César Andrés Suárez.
Pour l’heure, le parquet régional de Los Lagos maintient le secret sur le déroulement de l’enquête et l’analyse des éléments saisis lors de la perquisition de jeudi à Chillán est en cours.
