Publié le 12 janvier 2026 13h12. L’Amérique latine voit des disparités croissantes en matière de salaire minimum, le Pérou se trouvant parmi les pays les moins bien classés, dans un contexte de transition politique interne.
- Le Mexique a progressé au troisième rang des salaires minimums d’Amérique latine.
- Le Pérou se classe 13ème sur 16 pays d’Amérique latine avec un salaire minimum mensuel d’environ 335 dollars (1 130 soles).
- L’Uruguay affiche le salaire minimum le plus élevé de la région, avec 629,04 dollars.
La question du salaire minimum en Amérique latine est au cœur des débats économiques et sociaux de la région. Une nouvelle classification pour 2026 révèle des écarts significatifs entre les pays, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés ceux qui se situent en bas de l’échelle. Le Pérou, en particulier, se trouve dans une situation délicate, marquée par une instabilité politique récente et des enjeux économiques persistants.
Le gouvernement mexicain a récemment souligné ses progrès en matière de salaire minimum. La présidente Claudia Sheinbaum Pardo a déclaré :
« En seulement un an, le Mexique est passé du sixième au troisième rang parmi les pays d’Amérique latine en matière de salaire minimum. Avec la justice sociale, nous renforçons l’économie des familles ; pour le bien de tous, les pauvres en premier. »
Avec un salaire minimum mensuel avoisinant les 335 dollars, le Pérou se positionne parmi les derniers de ce classement régional, juste devant le Brésil, l’Argentine et le Nicaragua. Ce chiffre, bien plus qu’une simple donnée économique, reflète les difficultés rencontrées par une partie importante de la population péruvienne et alimente un débat crucial à un moment politique sensible.
La liste complète des salaires minimums mensuels en dollars pour 2026 place le Pérou en 13ème position sur 16 pays d’Amérique latine. L’Uruguay domine le classement avec 629,04 dollars, suivi du Chili (565,95 dollars) et du Mexique (536,62 dollars). La Colombie, le Guatemala, le Belize et l’Équateur complètent le top 5, avec des salaires supérieurs à 480 dollars.
La Bolivie, le Honduras, le Paraguay et le Salvador se situent dans la zone médiane du tableau. Le Panama arrive en 12ème position avec 350 dollars. Le Pérou suit avec 335,61 dollars par mois. Les derniers rangs sont occupés par le Brésil (307,99 dollars), l’Argentine (231,88 dollars) et le Nicaragua (217,61 dollars).
La position géographique du Pérou souligne un écart important par rapport à plusieurs de ses voisins. Cette situation soulève des questions sur l’adéquation du revenu minimum avec le coût de la vie local et les attentes des travailleurs du secteur privé.
Le débat sur le salaire minimum au Pérou se déroule dans un contexte de transition politique. Suite à la destitution de la présidente Dina Boluarte par le Congrès, le président du Parlement, José Jeri, a assumé la fonction de chef de l’État. Il a annoncé son engagement à diriger un gouvernement de transition et à garantir la tenue des élections générales de 2026, conformément au calendrier prévu.
La définition du salaire minimum relève du Ministère du Travail et de la Promotion de l’Emploi. Ce ministère supervise le processus technique et la phase de dialogue, impliquant les principales associations professionnelles, les centrales syndicales et le pouvoir exécutif. Le montant final est approuvé après une phase de consultation.
Au Pérou, le salaire minimum vital est unifié et s’applique à tous les travailleurs du secteur privé. Il n’existe pas de critères obligatoires pour sa détermination ni de mécanisme de réajustement automatique. Le calcul se base sur les directives techniques du Conseil national du travail et de la promotion de l’emploi (2007), qui prennent en compte l’inflation sous-jacente projetée et la variation de la productivité multifactorielle. Actuellement, le salaire minimum est de 1 130 soles, soit environ 332 dollars.
En Amérique latine, les salaires minimums les plus élevés se trouvent dans les pays dotés de systèmes de négociation institutionnalisés, comme l’Uruguay, où les salaires sont fixés par des conventions collectives négociées au sein des conseils salariaux, impliquant syndicats, employeurs et gouvernement, selon le cabinet de services professionnels Castellán.
Ces conseils déterminent les salaires, les catégories d’emplois, les augmentations et les avantages sociaux par le biais de négociations collectives. L’Organisation internationale du travail indique que le salaire minimum national a été introduit en Uruguay par le décret 1534/969 du 28 novembre 1969. En janvier dernier, le gouvernement uruguayen a annoncé une augmentation de 6 % du salaire minimum.
L’analyse du salaire minimum ne se limite pas au montant nominal. Il est essentiel de distinguer le salaire nominal du salaire réel, deux concepts qui permettent de mieux comprendre l’impact du revenu sur la vie quotidienne des travailleurs.
Le salaire nominal correspond au montant brut reçu par un travailleur pour ses services, avant toute déduction. Cette valeur figure dans le contrat de travail et reflète l’accord entre l’employeur et le salarié. Son calcul dépend du poste, de l’expérience et des politiques salariales de l’entreprise. Dans des pays comme le Mexique, la loi fédérale du travail oblige les entreprises à ajuster le salaire nominal en fonction de la réglementation en vigueur.
Le salaire réel, quant à lui, évalue le pouvoir d’achat du salaire nominal en tenant compte de l’inflation. Une augmentation du salaire nominal perd de sa valeur si les prix augmentent plus rapidement. Dans ce cas, le travailleur rencontre des difficultés accrues pour satisfaire ses besoins fondamentaux. Une augmentation du salaire réel améliore l’accès aux biens et services, tandis qu’une diminution réduit le pouvoir d’achat et dégrade la qualité de vie. Le salaire réel offre donc une vision plus précise de l’impact du salaire minimum sur l’économie quotidienne, un aspect central pour des pays comme le Pérou, où le débat salarial reste ouvert dans un contexte économique et politique en mutation.
