Publié le 8 octobre 2025 à 11h29. Les championnats du monde de gravel UCI s’annoncent comme un défi de taille pour les coureurs sur route habitués au circuit WorldTour, qui devront s’adapter à un terrain plus exigeant et à une compétition relevée.
- Tom Pidcock, Marianne Vos et Kasia Niewiadoma figurent parmi les favoris des championnats du monde de gravel UCI.
- De nombreux coureurs sur route expérimentés participeront à l’événement, mais ils pourraient être surpris par les exigences du gravel.
- Les championnats du monde de gravel UCI offrent aux équipes et aux sponsors une occasion unique de mettre en valeur leurs technologies et leurs équipements.
Les coureurs professionnels sur route qui s’aventurent sur les chemins de terre des championnats du monde de gravel UCI pourraient rapidement réaliser que ce ne sera pas une simple promenade. Des stars comme Tom Pidcock, Marianne Vos et Kasia Niewiadoma sont en tête d’affiche de l’événement qui se déroule ce week-end aux Pays-Bas, rejoints par des spécialistes de la route tels que Tim Wellens, Nils Politt et Mischa Bredewold, tous en quête du maillot arc-en-ciel du gravel.
Tiffany Cromwell, coureuse expérimentée à la fois sur route et en gravel, met en garde contre une sous-estimation des difficultés spécifiques à cette discipline.
« Je pense que les coureurs sur route peuvent sous-estimer les exigences du gravel. Mon niveau de stress à l’entraînement sera beaucoup plus élevé après une course sur gravier qu’après une course sur route. »
Tiffany Cromwell, coureuse professionnelle
Elle souligne que, bien que les efforts intenses sur route soient plus brutaux, le gravel ne permet pas les mêmes moments de récupération.
Cromwell, qui court pour Canyon-SRAM en WorldTour tout en étant active dans le milieu du tout-terrain, a remporté l’Unbound 100 en 2025 et organise sa propre épreuve, RADL GRVL, à Adélaïde. Elle note que le parcours des championnats du monde UCI, avec ses 130 à 180 km, est relativement court et plat par rapport aux standards du « vrai gravel », certains le qualifiant même de « championnat de piste cyclable ».
Connor Swift, coureur des Ineos Grenadiers, prévient ses coéquipiers que les mondiaux UCI ne seront pas de tout repos.
« Le gravel est différent, qu’il comporte ou non plus de sections de route que les courses américaines. Il n’y a pas moyen de se cacher. Vous ne pouvez pas simplement vous asseoir et vous détendre et laisser les autres travailler pour vous. Vous devez vous assurer que vous êtes en position et vous battre pour chaque virage. Vous êtes sur les pédales toute la journée. Certains gars pourraient ne pas apprécier ça. »
Connor Swift, coureur professionnel
Il explique que sa capacité à maintenir un effort soutenu toute la journée, acquise grâce à son rôle de domestique sur route, pourrait être un atout sur le gravel.
L’attrait principal pour de nombreux coureurs sur route réside dans la possibilité de décrocher un maillot arc-en-ciel, un atout marketing précieux pour les équipes, les sponsors et les réseaux sociaux. Swift souligne que les mondes de gravel ne sont pas en conflit avec le calendrier routier et qu’aucun coureur ne refuserait un titre mondial.
Les championnats du monde de gravel UCI, idéalement situés en octobre, ne perturbent pas le calendrier routier. Les équipes peuvent également profiter de l’occasion pour tester de nouvelles technologies, comme le régulateur de pression des pneus GRAVAA utilisé par Marianne Vos l’année dernière lors de sa victoire à Louvain. Plus d’informations sur le régulateur de pression des pneus GRAVAA.
Cependant, certains spécialistes du gravel estiment que l’orientation eurocentrique de l’UCI et les parcours moins exigeants éloignent les coureurs les plus expérimentés. Cromwell note que de nombreux professionnels du gravel préfèrent se concentrer sur des séries comme Life Time et Gravel Earth, ou sur des épreuves comme Unbound, The Traka ou Big Sugar, où les chances de succès et les gains financiers sont plus importants. En savoir plus sur les mondes de gravel non officiels.
En fin de compte, les championnats du monde de gravel UCI pourraient s’avérer être une simple course de fin de saison pour les professionnels de la route, mais ils ne doivent pas sous-estimer les défis qui les attendent.
