Publié le 25 octobre 2025. Des chercheurs américains et japonais ont mené une étude de phase 1 encourageante sur la ventilation entérale, une technique expérimentale consistant à administrer un liquide riche en oxygène par voie rectale, ouvrant potentiellement de nouvelles perspectives pour les patients souffrant de problèmes respiratoires sévères.
- Une étude de phase 1 menée auprès de 27 hommes en bonne santé a confirmé la sécurité de l’administration rectale de perfluorodécaline (PFD), un liquide capable de transporter de grandes quantités d’oxygène.
- Aucun effet secondaire grave n’a été observé, et la majorité des participants ont rapporté des symptômes légers et transitoires.
- Cette recherche préliminaire pave la voie à de futures études visant à évaluer l’efficacité de la ventilation entérale enrichie en oxygène.
L’idée que certains mammifères puissent absorber l’oxygène par leurs intestins n’est pas nouvelle, ayant même été reconnue par un prix Ig Nobel en 2024. Cependant, la possibilité d’appliquer ce concept à l’homme restait incertaine jusqu’à présent. Une équipe internationale, dirigée par le Dr Takanori Takebe, chercheur japonais spécialisé dans les cellules souches, a franchi une étape importante en réalisant avec succès une première expérience de ventilation entérale chez l’humain.
L’étude, menée à l’hôpital pour enfants de Cincinnati aux États-Unis, a porté sur 27 hommes âgés de 20 à 45 ans. Les participants ont reçu des doses graduées de perfluorodécaline (PFD), un liquide déjà utilisé en chirurgie oculaire et comme support dans les formulations d’oxygène médical, capable de lier jusqu’à 500 millilitres d’O₂ par litre. Les volumes administrés variaient de 25 à 1 500 millilitres, et chaque dose était maintenue dans l’intestin pendant une heure. Il est important de noter que le PFD utilisé dans cette étude de phase 1 n’était pas enrichi en oxygène. L’objectif principal était d’évaluer la tolérance à l’administration rectale du liquide, et non son efficacité en termes d’oxygénation.
Les résultats sont encourageants : aucun effet secondaire grave ni signe de toxicité n’ont été constatés, même à la dose la plus élevée. Environ 59 % des participants ont signalé des symptômes mineurs tels que des douleurs abdominales, des flatulences ou un besoin de déféquer, principalement avec les volumes les plus importants. Quatre participants sur six du groupe ayant reçu la dose maximale ont interrompu la séance prématurément en raison d’un inconfort. Néanmoins, les analyses de laboratoire, la tension artérielle et les fonctions organiques sont restées normales tout au long de l’étude. De plus, aucune trace de PFD n’a été détectée dans le sang, ce qui suggère que le liquide n’a pas été absorbé par la muqueuse intestinale.
Bien que cette étude confirme la sécurité de la procédure, elle ne permet pas encore de conclure à un bénéfice thérapeutique, compte tenu de l’utilisation de PFD non oxygéné. Les prochaines étapes de la recherche consisteront à déterminer la quantité d’oxygène qui peut être absorbée par la muqueuse intestinale à partir de PFD enrichi en oxygène. Si l’efficacité thérapeutique est démontrée, cette approche pourrait offrir une alternative de ventilation révolutionnaire dans des situations où la ventilation conventionnelle est trop risquée ou impossible, comme en cas d’insuffisance pulmonaire aiguë. Cela pourrait représenter une avancée significative pour les patients confrontés à des problèmes respiratoires critiques et pour lesquels les traitements actuels sont limités.
Les résultats de cette étude de phase 1 ont été publiés le 20 octobre 2025 dans la revue Cellule / Médical.
