Publié le 25 octobre 2024 10h31. Une enquête révèle des irrégularités massives et un manque de transparence dans la gestion du Fonds pour les catastrophes naturelles (Fonden) entre 2000 et 2018, avec des détournements de fonds et une bureaucratie excessive qui ont entravé l’aide aux populations sinistrées.
- Le Fonds pour les catastrophes naturelles (Fonden) a été marqué par l’opacité, la discrétion et une bureaucratie excessive durant près de deux décennies.
- Des audits ont révélé des paiements irréguliers, des ressources non vérifiées et des achats surévalués, notamment de médicaments, allant jusqu’à 375 % de leur prix normal.
- Le gouvernement actuel affirme que le nouveau système de réponse aux catastrophes est plus rapide et transparent, sans la lourdeur administrative du Fonden.
La gestion du Fonds pour les catastrophes naturelles (Fonden) entre 2000 et 2018 a été ébranlée par des pratiques douteuses, a révélé Raquel Buenrostro, secrétaire à la lutte contre la corruption et au bon gouvernement, lors de la conférence matinale de la présidente Claudia Sheinbaum. L’audit supérieur de la Fédération (ASF) a mis en évidence une série d’irrégularités dans la gestion de ce fonds crucial pour l’aide aux populations touchées par les catastrophes naturelles.
Selon les conclusions de l’ASF, le Fonden était caractérisé par une opacité et une bureaucratie excessive qui ont considérablement ralenti l’acheminement de l’aide. « Les fiducies n’avaient pas autant de règles qu’aujourd’hui ; on ne savait même pas exactement combien il en existait », a souligné Raquel Buenrostro, citant les difficultés rencontrées pour suivre l’utilisation des fonds.
« Les fiducies n’avaient pas autant de règles qu’aujourd’hui ; on ne savait même pas exactement combien il y en avait. »
Raquel Buenrostro, secrétaire à la lutte contre la corruption et au bon gouvernement
L’audit a également documenté des paiements irréguliers, des ressources non vérifiées et des logements non surveillés. Dans de nombreux cas, seulement 35 % des projets signalés ont été réellement examinés. Des détournements de fonds d’environ 500 millions de pesos ont été constatés à chaque utilisation du fonds, en raison d’actions irrégulières.
Des exemples concrets ont été cités : sous la présidence de Vicente Fox, l’ASF a relevé des observations pour près de 182 millions de pesos. Des achats de médicaments ont été surévalués jusqu’à 375 %. En 2010, lors des inondations à Veracruz causées par les ouragans Karl et Mathieu, le gouvernement de l’État n’a pas utilisé ni restitué 531,7 millions de pesos sur les 7 411 millions alloués. En 2013, après les ouragans Ingrid et Manuel, il a fallu 119 jours pour démarrer les travaux de reconstruction en raison de la lourdeur administrative.
L’année 2018, année électorale, a également été marquée par des anomalies, avec 59,606 millions de pesos alloués de manière atypique. Par ailleurs, 46 des 57 déclarations extraordinaires ont été justifiées par la canicule, mobilisant 427 millions de pesos.
Raquel Buenrostro a également évoqué le cas de Tabasco, où, une semaine avant de quitter ses fonctions, Andrés Granier, alors gouverneur, a utilisé 215,5 millions de pesos du Fonden pour couvrir le déficit financier de l’État. Des travaux mal exécutés ont également été documentés sous l’administration d’Enrique Peña Nieto, ainsi que des détournements de fonds malgré l’existence d’assurances institutionnelles, notamment dans l’État de Morelos.
« C’était pathétique parce que c’était très bureaucratique, il a fallu 119 jours pour assister au démarrage des travaux. »
Raquel Buenrostro, secrétaire à la lutte contre la corruption et au bon gouvernement
Le gouvernement actuel se défend en affirmant que le système actuel de réponse aux catastrophes est plus efficace. Raquel Buenrostro a souligné que la disparition du Fonden a permis de simplifier les procédures et d’accélérer l’acheminement de l’aide. « À l’heure actuelle, nous n’avons pas besoin de faire beaucoup de bureaucratie, nous n’avons pas besoin de faire de déclarations… l’urgence survient simplement », a-t-elle déclaré lors d’un entretien avec David Paramo à Image Radio.
