Ford revoit en profondeur sa stratégie électrique face à un ralentissement de la demande et à un contexte économique changeant. Le constructeur automobile américain mise désormais sur une approche plus hybride, tout en ajustant ses plans de production et en explorant de nouvelles opportunités dans le stockage d’énergie.
L’entreprise a annoncé lundi qu’elle abandonnerait la production d’un grand pick-up entièrement électrique et transformera une usine de véhicules électriques dans le Tennessee pour y fabriquer des modèles à essence. La prochaine génération du F-150 Lightning, initialement prévu en version 100% électrique, sera désormais un véhicule électrique à autonomie étendue (EREV), un type d’hybride rechargeable qui combine un moteur électrique avec un moteur à essence plus petit pour recharger la batterie.
Selon Ford, cette technologie permettra au F-150 Lightning d’offrir une capacité de remorquage accrue et une autonomie dépassant les 1 200 kilomètres (700 miles). « Ford suit le client », a déclaré Andrew Frick, président de Ford Blue et Ford Model e, les divisions dédiées aux véhicules à essence et électriques. « L’adoption des véhicules électriques par les clients américains n’est pas celle que l’industrie espérait au début de la décennie. »
Le constructeur automobile prévoit également de produire des versions hybrides de presque tous les véhicules de sa gamme. Il conserve toutefois son projet de lancer une camionnette électrique de taille moyenne à un prix de départ d’environ 30 000 $ (environ 28 000 €) en 2027. Ce modèle, développé dans un studio spécialisé en Californie, devrait utiliser une nouvelle architecture de plateforme « universelle » pour réduire les coûts de production.
Cette réorientation stratégique laisse Ford avec une capacité excédentaire de production de batteries. L’entreprise compte exploiter cette capacité en lançant une nouvelle activité dédiée au stockage d’énergie par batterie, produisant des batteries lithium fer phosphate (LFP) à moindre coût et à durée de vie plus longue pour des clients tels que les fournisseurs de services publics ou les centres de données.
Par ailleurs, Ford a annulé le développement d’un fourgon commercial entièrement électrique pour le marché européen. Dans le cadre d’un partenariat annoncé la semaine dernière avec Renault, Ford développera au moins deux petits véhicules électriques pour l’Europe. Le PDG Jim Farley a qualifié cette collaboration de « combat pour nos vies », soulignant la nécessité de rivaliser avec les véhicules électriques abordables en provenance de Chine.
Enfin, Ford prévoit également de produire une nouvelle fourgonnette commerciale à essence pour le marché nord-américain. Ces changements interviennent alors que le soutien gouvernemental aux véhicules électriques a diminué, notamment avec la suppression d’incitations fiscales par l’administration Trump, et que les ventes de véhicules électriques ne représentent actuellement que 7,5 % des ventes de voitures neuves aux États-Unis.
